Conférence de presse: VISITE DE DEUX SOMMITÉS INTERNATIONALES EN MATIÈRE DE RÉFORME DU MODE DE SCRUTIN

M. Darren Hughes et Mme Kezia Dugdale

« Le Québec est au seuil d’un changement historique »

COMMUNIQUÉ DE PRESSE: Québec, le 29 mai 2019 – À l’invitation du Mouvement Démocratie Nouvelle (MDN), deux sommités internationales en matière de réforme du mode de scrutin étaient à Québec les 28 et 29 mai pour partager leurs expertises et témoignages avec des élu.e.s et des personnes engagées dans la réforme. Mme  Kezia Dugdale, députée au Parlement écossais pour la région de Lothian, ainsi que M. Darren Hughes, ancien ministre de la Nouvelle-Zélande et directeur général de la Electoral Reform Society de Grande-Bretagne ont rencontré la ministre de la Justice et ministre responsable des institutions démocratiques, Mme Sonia Lebel, en compagnie de membres de son équipe, ainsi que des groupes d’élus de la Coalition Avenir Québec, du Parti Québécois et de Québec Solidaire.

Mme Dugdale et M. Hughes possèdent une expérience riche et transnationale avec le mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire qui démontre hors de tout que ce système sert bien davantage les citoyens, les régions et la démocratie que le système uninominal à un tour dont les distorsions flagrantes sont irréconciliables. Selon eux, faire le saut est salutaire pour toute la société. Embrasser le changement en réformant le mode de scrutin est la seule manière de véritablement faire la politique autrement. Leur lecture de la réforme québécoise du mode de scrutin offre un regard neuf et a permis des discussions franches avec les élu.e.s québécois.e.s.

« La réforme du mode de scrutin québécoise fait consensus et représente un progrès démocratique significatif pour le Québec, ses citoyens, ses régions et ses institutions. Les craintes et les questions font partie du débat; des réponses simples et vraies existent, qui convainquent et mobilisent. Notre espoir est que l’expérience écossaise et notre expérience comme député.e.s de circonscription et de liste dans un système proportionnel mixte compensatoire permettent d’offrir ces réponses et d’insuffler la volonté politique de changement là d’où l’hésitation s’immisce parfois », déclarait Mme Kezia Dugdale, députée au Parlement écossais pour la région de Lothian.

D’ailleurs, les tenants du statu quo peinent à identifier des arguments démocratiques convaincants en faveur du système actuel. « Ce que je constate depuis plusieurs années, c’est que les gens qui s’opposent fermement et sans ouverture à la réforme du mode de scrutin répètent un discours où dominent les émotions, les menaces et la peur. La recherche scientifique et l’expérience internationale prouvent au contraire que la réforme du mode de scrutin est un projet emballant, inclusif et participatif qui donne à chacun plus de pouvoir; au Québec, c’est ce qu’on veut! », s’enthousiasme le président du Mouvement Démocratie Nouvelle, M. Jean-Pierre Charbonneau.

M. Darren Hughes, ancien ministre de la Nouvelle-Zélande et actuel directeur général de la Electoral Reform Society de Grande-Bretagne, « Nous avons eu des rencontres ouvertes, constructives et marquées par une grande maturité politique. Nous voyons un Québec au seuil d’un changement historique grâce à une préparation civique et politique de longue haleine, outillé et prêt à faire le saut pour 2022. Les yeux du monde sont tournés vers cette société avant-gardiste qui peut faire une différence. »

Le vendredi 31 mai, Mme Dugdale et M. Hugues seront sur le terrain à Montréal en compagnie de M. Jean-Pierre Charbonneau et M. Jean-Sébastien Dufresne, respectivement président et directeur général du Mouvement Démocratie Nouvelle. Ils seront disponibles pour rencontrer les médias.

Kezia Dugdale

Kezia Dugdale est députée au Parlement écossais pour la région de Lothian. Elle a été la cheffe du Parti travailliste de l’Écosse, après en avoir été cheffe adjointe, porte-parole en matière d’emploi des jeunes ainsi que porte-parole en matière d’éducation et l’apprentissage continu. En juillet, elle assumera le rôle de Directrice de l’Institut John Smith, un groupe de réflexion basé à l’Université de Glasgow dédié à élever le niveau du discours public et à promouvoir le service public.

Darren Hughes

Darren Hughes est directeur général de la Electoral Reform Society de Grande-Bretagne, une organisation indépendante qui défend les droits des électeurs et milite pour une meilleure démocratie en Grande-Bretagne et Irlande du Nord. Originaire de la Nouvelle-Zélande, il a été élu à la Chambre de représentants à l’âge de 24 ans et a siégé pendant trois mandats. Il a été ministre, porte-parole de l’opposition, whip et chef adjoint. La Nouvelle-Zélande a un système proportionnel depuis 20 ans et Darren croit fermement que ce système permet une représentation plus juste de la population et contribue à l’amélioration de la culture de la politique.

L’exemple de l’Écosse

Depuis l’établissement en 1999 de Holyrood, le parlement écossais, les députées et députés écossais sont élus selon un mode de scrutin mixte. Avec ce système, 73 députés écossais représentent des circonscriptions locales et sont élus par pluralité, c’est-à-dire sous le système uninominal majoritaire à un tour que nous connaissons au Québec actuellement. 56 députés supplémentaires sont élus dans huit régions, avec sept députés par région. Cette formule permet de respecter les choix de parti des Écossais tout en préservant la place importante des régions dans cette société. Comme députée pour la région de Lothian depuis 2011, Kezia Dugdale pourra démystifier ce système pour les députés de l’Assemblée nationale qui souhaitent comprendre l’impact de la réforme du mode de scrutin sur leur travail quotidien de représentants territoriaux et de législateurs.

L’exemple de la Nouvelle-Zélande

Il y a 23 ans, la Nouvelle-Zélande tenait ses premières élections avec un mode de scrutin mixte. Celui-ci a remplacé le scrutin uninominal majoritaire à un tour hérité du Parlement de Westminster. Comme en Écosse, leur parlement est composé de députés locaux et de députés de liste. Durant ses mandats à la Chambre de représentants en Nouvelle-Zélande, Darren Hughes a occupé les deux rôles. Il pourra donc répondre aux questions des élus québécois qui se demandent comment les députés locaux et députés de liste arrivent à travailler ensemble et à répondre aux besoins de la population. En tant que Directeur de la Electoral Reform Society, Darren Hughes est également expert de systèmes électoraux, en particulier de la transition des systèmes basés sur le modèle de Westminster à des systèmes proportionnels.