Dans son discours inaugural du 19 octobre prochain, le Premier ministre François Legault devra dire clairement si oui ou non il souhaite réformer le mode de scrutin au Québec. S’il rappelle le projet de loi 39 pour qu’il passe enfin au stade de l’étude détaillée, c’est qu’il aura choisi le camp du Oui. Si, au contraire, le PL 39 n’est pas rappelé, il signera alors, de facto, l’arrêt de mort de la réforme électorale et optera pour le camp du Non. Tout est encore possible et réside dans la volonté du Premier ministre de respecter, ou non, son engagement pré-électoral de 2018. « C’est bien embêtant, cette signature apposée par François Legault, car ce qu’il renie, ce n’est pas seulement une promesse électorale, mais la parole donnée », soulignait fort justement Robert Dutrisac dans son éditorial publié par le Journal Le Devoir samedi 16 octobre.
 
Dans les moments difficiles que nous traversons, le respect de la parole donnée devient central pour redonner de la crédibilité à notre classe politique, restaurer la confiance et combattre le cynisme.
 
C’est aussi ce que réclamaient les membres de la Coalition pour la réforme électorale maintenant! qui ont participé aux Marches citoyennes pour la démocratie qui se sont déroulées du 12 au 15 octobre dans 8 régions du Québec. Ces nombreuses militantes et militants de la réforme électorale qui se sont rassemblés devant les bureaux de circonscription de députés de la CAQ à Gatineau, Montréal, Québec, L’Assomption, La Prairie, St-Jean-sur-Richelieu, Trois-Rivières, Chicoutimi, Laval et Beloeil, exigeaient eux-aussi le respect de la parole donnée.

Car des paroles, il y en a eu…

« On ne fera pas comme Justin Trudeau ».

François Legault, Premier ministre et Député de l’Assomption (10 septembre 2018).


« Le gouvernement n’abandonne pas la réforme et nous ne renions pas nos engagements ».

Sonia LeBel, Présidente du Conseil du trésor et Députée de Champlain (28 avril 2021)

« Contrairement aux vieux partis qui nous le promettent depuis des décennies et reculent une fois rendus au pouvoir, la CAQ s’engage à déposer un projet de loi pour s’assurer que chaque voix soit entendue et représentée à l’Assemblée nationale et ce, dès la première année de son mandat. Un parti qui dit ce qui fait et surtout qui fait ce qui dit, ça, c’est du changement! ».

Jean-François Roberge, Ministre le l’Éducation et Député de Chambly (25 avril 2018).


« À la CAQ, nous sommes tous d’avis que la volonté populaire n’est clairement pas respectée et qu’une représentation de type proportionnelle mixte servirait mieux les intérêts de tous les Québécois. Gouverner différemment et adéquatement, c’est respecter le choix de la population et écouter leurs revendications».

François Bonnardel, Ministre des Transports et Député de Granby (4 mars 2016).

« En 2016, il est anormal que le Québec soit encore régi par un mode de scrutin si archaïque. Le Québec souffre d’un mal démocratique. Combien de fois entend-on : “mon vote ne compte pas!”. Le cynisme doit être combattu et réformer notre mode de scrutin, c’est ouvrir la voie vers une réelle conciliation avec les Québécois. C’est ça faire de la politique différemment! ».

Benoit Charrette, Ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques et Député de Deux-Montagnes (29 février 2016).