UN PAS EN AVANT, UN PAS EN ARRIÈRE

Québec, le 25 septembre 2019 – Le Mouvement Démocratie Nouvelle (MDN) accueille avec une satisfaction mitigée plusieurs dispositions contenues dans le Projet de loi no 39 « Loi établissant un nouveau mode de scrutin ». « Il faut évidemment saluer le fait que, pour la première fois de l’histoire de l’Assemblée nationale, un parti politique dépose un projet de loi sur des enjeux démocratiques aussi fondamentaux », affirme le président du MDN, Jean-Pierre Charbonneau. « Nous sommes satisfaits de voir que le poids des régions sera maintenu et que, de façon générale, le projet de loi propose une meilleure représentativité électorale. C’est un pas significatif, certes, mais sérieusement entaché par l’absence de volonté du gouvernement de mettre en œuvre la réforme dès 2022. L’entente tripartite, signée en mai 2018 par le chef de la CAQ, sous l’égide du Mouvement Démocratie Nouvelle, est pourtant claire : l’élection de 2022 devait se dérouler avec un nouveau mode de scrutin. »

Le MDN s’oppose par ailleurs vigoureusement à la tenue d’un référendum sur la réforme en même temps que l’élection de 2022, comme le prévoit le projet de loi. « Il s’agit d’un manque flagrant de respect pour les électeurs et électrices », ajoute la vice-présidente, Françoise David. « Ceux-ci ont déjà la lourde tâche de choisir leurs représentants, de lire les plateformes politiques et/ou de suivre les multiples débats. À cela, on voudrait leur ajouter de suivre une campagne référendaire sur un enjeux aussi fondamental ? Ça ne tient pas la route. »

Pour le MDN, il faut plutôt se servir des mécanismes parlementaires et démocratiques qui existent déjà pour consulter la population. « La commission parlementaire qui sera mise en place est une façon tout à fait légitime, représentative et suffisante pour consulter la population sur la réforme du mode de scrutin, maintes fois étudiée et remâchée depuis au moins trois décennies », ajoute Françoise David. « On pourrait même penser à une commission itinérante, comme celle qui a été créée pour étudier le projet de loi sur la fin de vie. Bref, le gouvernement a des options. Nous lui demandons par ailleurs de procéder le plus rapidement possible à ces consultations. »

Le MDN s’étonne par ailleurs du seuil fixé à 10% des votes pour qu’un parti puisse obtenir un représentant. « C’est trop élevé. Un tel seuil ne permettra pas de mieux refléter la pluralité des idées politiques. C’est très mince également sur la parité femmes-hommes et pas un mot sur la diversité », de conclure Jean-Pierre Charbonneau.

Les membres du MDN sont invités à une Assemblée générale spéciale le samedi 28 septembre, afin de discuter du projet de loi.

INFORMATIONS: Francis Boucher – (438) 888-7999