par Gérard Talbot

Quelques commentaires des personnes présentes au 5 à 7 sur notre plan d’action 2015

IMPORTANCE DE CONTINUER À CONSTRUIRE LA MOBILISATION CITOYENNE.

Pourquoi?

Il faut enlever le droit de véto des partis politiques sur la question du mode de scrutin.

On a parlé d’un recadrage de notre plan d’action dans le sens que ce que l’on veut gagner, c’est la mobilisation des citoyens et citoyennes pour un changement du mode de scrutin.

D’où la question : comment arriver à mettre en marche le mouvement citoyen?

Dans cette perspective, on a évoqué tout le processus de l’assemblée citoyenne de la Colombie Britannique et mentionné aussi le rapport citoyen produit dans le cadre de la consultation sur l’avant-projet de loi par la Commission spéciale sur la loi électorale en 2005-2006.

Dans un processus d’assemblée citoyenne, il faut que les personnes soient élues.

Pour qu’un référendum ait réellement du poids, il faut absolument une mobilisation citoyenne derrière.

Il faudrait demander autre chose qu’une commission parlementaire.

On a mentionné aussi parmi les moyens : le référendum d’initiative populaire.

IMPORTANCE DANS NOS COMMUNICATIONS DE METTRE L’ACCENT SUR LA NOTION DE REPRÉSENTATION

« Il faudrait avoir une représentation représentative »

Ce qui amènerait à préciser notre thème en disant « Meilleure démocratie représentative ».

C’est un droit d’être représenté équitablement.

Les personnes disent: « Je ne me sens pas représenté ».

Meilleure représentation des communautés ethnoculturelles. On souligne qu’il faut mettre des efforts pour faire participer les communautés culturelles à notre campagne, plusieurs ayant connu la proportionnelle dans leur pays.

Meilleure représentation des femmes.

Les femmes représentent plus de la moitié de la population :

  • Quels sont les effets d’un manque de démocratie sur les femmes?
  • Qu’est-ce-que ça va changer pour les femmes?
  • La joute politique va changer avec plus de femmes à l’Assemblée nationale.
  • Une conseillère syndicale à la condition féminine de la CSN est prête à faire un papier sur les enjeux et les impacts d’une proportionnelle sur les femmes.

Avec le pluralisme et la diversité de la société, il n’est pas possible d’être représenté seulement par deux partis.

DOUTES ET QUESTIONNEMENTS SUR LA POSSIBILITÉ D’ATTEINDRE NOTRE OBJECTIF : AVOIR UN NOUVEAU MODE DE SCRUTIN POUR L’ÉLECTION DE 2018

2018 est un horizon trop rapproché.

Le délai de 2018 paraît très court.

Il faudrait ajouter un 9e élément dans notre plan de campagne pour dire que si ce n’est pas possible en 2018 de tenir des élections avec une proportionnelle, on va continuer la mobilisation citoyenne et l’action auprès des partis politiques pour que cette question devienne un enjeu lors des élections de 2018.

RESSOURCES LIMITÉES DU MDN VERSUS LE PLAN DE CAMPAGNE.

Une personne dans l’atelier où j’étais, qui travaille dans l’organisation de différentes campagnes, a dit qu’elle aurait de la difficulté à livrer notre campagne en 8 mois, d’autant plus que toutes les personnes sont bénévoles. Ça prendrait une personne à temps plein.

À la suite de ce commentaire, deux personnes de syndicats différents se sont posées la question comment le mouvement syndical pourrait-il partager des ressources financières pour libérer une personne un certain nombre de jours semaine pour soutenir le MDN dans sa campagne 2015? Une des deux personnes syndicales est prête à nous rencontrer pour explorer cette avenue.

LE MDN DOIT ÊTRE PRÊT À SAISIR LE MOMENTUM CRÉÉ PAR L’ÉLECTION (PEUT-ÊTRE!!!) D’UN NOUVEAU GOUVERNEMENT À OTTAWA, FAVORABLE À UN CHANGEMENT DU MODE DE SCRUTIN, POUR RELANCER ENCORE PLUS FORTEMENT LA PROPORTIONNELLE AU QUÉBEC

Sans un momentum et sans une conjoncture propice, la campagne 2015 du MDN apparaît très volontariste.

C’est pourquoi un changement de pouvoir au fédéral créerait un environnement beaucoup plus favorable pour remettre à l’ordre du jour la proportionnelle au Québec.

Le plan de campagne devra tenir compte des résultats des élections fédérales du 19 octobre prochain.

COMMENTAIRES SUR DES POINTS SPÉCIFIQUES DE NOTRE PLAN D’ACTION

Au sujet de la publication d’un livre

On signale qu’on ne peut pas mettre ce point sur le même pied d’égalité que les autres actions ou activités.

Pour l’ensemble de la population, ce n’est pas un outil très important.

Au sujet de la pétition

Une personne qui connaît bien le milieu politique n’est pas d’accord avec la multiplication des pétitions. Cela risque de diviser et les politiciens peuvent se servir de cette division pour dire « Vous voyez le monde n’est pas d’accord ».

IMPORTANCE AUSSI DE CONTINUER LE TRAVAIL AUPRÈS DES ACTEURS POLITIQUES

Il faudrait que des personnes du MDN aillent sonder « les reins et les cœurs » des députés du Parti québécois et du Parti libéral du Québec sur cette question.

Cibler et approcher les députés favorables à un changement du mode de scrutin dans les différents partis.

Faire un travail circonscription par circonscription

Démontrer aux députés qu’une réforme du mode de scrutin leur donnerait plus de pouvoir.

On a souligné aussi qu’il faudrait approcher les associations des villes et des municipalités.

En résumé, il faut continuer le travail sur deux dimensions : la mobilisation sociale et citoyenne et le travail auprès des acteurs politiques.

TROIS SUJETS DE RECHERCHE ET DE DOCUMENTATION

Pourquoi la réforme du mode de scrutin n’a jamais abouti dans le passé? Pourquoi ça n’a pas marché?

Étudier le processus qui a mené à l’adoption de la loi concernant les soins de fin de vie (mourir dans la dignité). C’est un bel exemple de travail multipartisme où la dimension partisane n’a pas prévalu au détriment du bien commun.

Comment pourrait-on appliquer l’exemple de la boussole de Radio-Canada au mode de scrutin pour augmenter l’intérêt de la population sur cette question?

Je vous transmets aussi les commentaires sur notre plan d’action de trois personnes du comité-conseil qui n’ont pas pu être présentes au 5 à 7.

COMMENTAIRES DE MARIE-FRANCE RAYNAULT
(Je vous rappelle que madame Raynault est médecin spécialiste en santé communautaire et chercheure à l’Université de Montréal. Elle a publié au début de l’année un livre « Le bon sens à la Scandinave » dans lequel elle souligne les avantages de la proportionnelle).

Votre plan de travail est à la fois très intéressant et très ambitieux. J’y souscris. Je pense qu’il faudrait intéresser des diffuseurs (émissions d’affaires publiques) à mettre à leur agenda de la prochaine année des débats sur la question. Ma lecture est que la population ne voit pas le lien entre la représentation proportionnelle et l’avancement de différents dossiers. A ce titre, les comparaisons internationales peuvent être fort inspirantes. Dominic Champagne et Jean-René Dufort sont des personnalités publiques qui admirent beaucoup les Scandinaves et il faudrait les convaincre que les réalisations nordiques sont imputables partiellement au mode de représentation qui permet l’expression d’idées novatrices et permet le débat public. Pascale Navarro est très intéressée par la question de la représentation féminine et pourrait être une alliée.

C’était les idées du jour. Bonne rencontre jeudi.

Marie-France Raynault

COMMENTAIRES DE CLAUDETTE CARBONNEAU

(Ancienne présidente de la CSN. Elle est actuellement présidente par intérim des OUI qui est le Conseil de la souveraineté du Québec)

Bonjour Gérard. 

Quelques très brefs commentaires.

Il s’agit d’un bon plan. Je crois que pour influencer les partis il faut intensifier la campagne grand public et peut-être y ajouter des angles nouveaux. Je suis frappée par la dynamique de la présente élection fédérale. Compte tenu du mode de scrutin, les partis perdent de vue l’utilité de mettre de l’avant des politiques rassembleuses qui servent l’intérêt général. Ils cultivent de petites franges de l’électorat, parce que c’est tout ce dont ils ont besoin pour gagner, quitte à privilégier des politiques très divisives et polarisantes. Non seulement notre mode de scrutin ignore-il des votes, mais il a un effet pervers sur les programmes et les engagements des parties.

Un des points forts du plan proposé, c’est qu’il prend en compte les régions. J’ai souvent constaté, dans les débats que j’ai vu sur cette question, que des réticences plus importantes s’exprimaient en région de peur de voir encore dilué davantage leur représentation régionale. 

J’espère que cette rapide réflexion puisse vous être utile.

Claudette Carbonneau

COMMENTAIRES DE MYRLANDE PIERRE

(Elle a déjà été sur le c.a. du MDN. Elle a été membre de la Commission des États généraux sur les institutions démocratiques)

Je suis d’avis que la journée de la démocratie représente un moment fort pour diffuser largement l’urgence d’un changement de mode de scrutin ayant une dimension proportionnelle. L’idée du sondage est à prioriser également. Une fois les résultats du sondage dévoilés, il serait intéressant de les acheminer aux chefs des trois partis (PLQ, PQ, CAQ, QS). Mettre à profit les résultats de ce sondage pour interpeller directement les chefs de partis afin qu’ils se positionnent et se commettent sur la question du mode de scrutin. (Je sais que SQ a déjà pris position pour la proportionnelle).

Le lancement d’une campagne nationale – Deuxième initiative à prioriser selon moi. Cette démarche serait d’autant plus complémentaire au sondage et contribuerait à créer le sentiment d’urgence pour un véritable changement démocratique.

Myrlande


Liste des personnes du comité-conseil du MDN présentes au 5 à 7 du 17 septembre 2015

  1. Alain Marois
  2. Dimitri Roussopoulos
  3. Émilie Guimond
  4. Geneviève Baril
  5. Henry Milner
  6. Jacques Fournier
  7. Jean Allaire
  8. Jonathan Bouchard
  9. Kristiane Gagnon
  10. Lorraine Guay
  11. Marie-France Benoît
  12. Michel Seymour
  13. Mireille Tremblay
  14. Paul Cliche
  15. Réal Lavergne
  16. Stéphane Rouillon
  17. Tania Kontoyanni
  18. Winnie Frohn

Sébastien Rivard, coordonnateur du regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal et représentant du la coalition « Main rouge » contre la tarification et la privatisation des services publics a été empêché de venir à notre 5 à 7; mais il m’a envoyé un courriel pour me dire que son organisme appuyait notre plan de travail.

Enfin, les personnes du c.a., présentes au 5 à 7, ont certainement retenu des éléments qui ne sont pas mentionnés dans ce résumé et qui seraient intéressants à partager.

Gérard, 23 septembre 2015