Réforme électorale : bons amis, le temps d’un souper…

Par Sylvie Boulianne, Montréal
publié dans  Le DevoirLe Soleil et le Journal Métro, le 29 novembre 2017.

Jean-François Lisée et Manon Massé à Tout le monde en parle, le 27 novembre 2016Comme plusieurs d’entre nous, je regardais Tout le monde en parle et assistais à l’annonce de la coalition entre la CAQ, Québec solidaire et le PQ.

J’avoue que je suis restée sceptique quant à la prise de position concernant la réforme électorale, surtout venant de Jean-François Lisée. On connaît les talents de tacticien de M. Lisée, puisqu’il a surfé allègrement sur la vague identitaire pour se faire élire comme chef de parti. Par contre, qu’est-ce que Jean-François Lisée fera de cette promesse lorsqu’il aura assuré l’alternance et prendra le pouvoir ? Fera-t-il comme Justin Trudeau, soit essayer désespérément de se débarrasser d’un engagement trop encombrant ?

Je salue le vibrant plaidoyer de Rémy Girard pour une proportionnelle pure (Israël). En effet, le Québec est prêt pour un changement de système électoral et rétablir le déficit démocratique qu’on vit élection après élection.

L’excuse politicienne habituelle, du besoin d’un gouvernement stable afin de mettre un programme politique aux mesures difficiles sera-t-elle invoquée par Jean-François Lisée, reléguant aux oubliettes, encore une fois, 50 années de lutte sur la question ? Ainsi, on pourra se rappeler que ces trois partis ont été bons amis, le temps d’un souper.