Convergence et changement de culture

LETTRE
Le Devoir, 17 mai 2017 | Marie-Claude Bertrand Montréal, le 16 mai 2017 | Québec

Notre mode de scrutin majoritaire fait en sorte que les partis travaillent à l’Assemblée nationale en opposition. Il en résulte bien souvent des conséquences graves pour le peuple.

Ainsi ce mode de scrutin qui, comme aux États-Unis, permet d’une main de construire Obamacare et de l’autre de le détruire avec moins de la majorité des votes. Au Canada, sans égard pour la partisanerie, qui permet sous le gouvernement Harper d’arriver à un certain équilibre budgétaire et sous celui de Trudeau de se retrouver en déficit sans planification de retour à l’équilibre. Et cela, avec 39 % des votes… au grand dam du peuple québécois qui souhaite à 70 % avoir des gouvernements qui représentent mieux la diversité des points de vue (CROP 2015). Peut-on faire autrement ? Oui, il y a des exemples de pays qui ont des systèmes de vote de type proportionnel, comme l’Allemagne où il en va autrement. En effet, avec l’arrivée au pouvoir en 1998 de la coalition rouge-verte dirigée par Schröder, ce gouvernement a réussi à conclure des ententes entre le gouvernement fédéral et les grandes entreprises de production d’électricité pour se désengager du nucléaire et des énergies fossiles. Cette politique qui a mis au défi la volonté des Allemands de pouvoir changer ces choses, lancée par le gouvernement Schröder, n’a pas été remise en cause par les différentes coalitions dirigées par la chancelière Angela Merkel. Cette conviction selon laquelle les énergies renouvelables doivent, à terme, fournir l’essentiel de l’énergie consommée dans le pays et, dans un premier temps, la majeure partie de l’électricité, constitue une idée phare de la politique énergétique allemande.

Je veux un renouvellement du mode de scrutin au Québec pour que nos élues et élus cherchent ensemble de manière créative le bien commun du peuple. Comme citoyenne, je ne veux plus être charriée par les idéologies partisanes de gouvernements qui dirigent avec une minorité de votes et me déstabilisent constamment.

Il nous faut modifier la culture d’affrontement en une culture de coalition et de convergence.