Publié le 06 avril 2016
CARREFOUR DU LECTEUR
Le Quotidien

Les citoyens de Chicoutimi sont appelés à voter le 11 avril prochain. La pierre d’assise sur laquelle reposent tous les autres enjeux doit être abordée : le mode de scrutin.

Notre mode de scrutin actuel déclare gagnant le candidat qui a le plus de votes dans sa circonscription. À l’échelle du Québec, saviez-vous que ce mode de scrutin a déjà créé des distorsions assez aberrantes à l’Assemblée nationale? Par exemple, en 1998, alors que le Parti libéral avait eu le plus de votes (43.6 %), il formait l’opposition avec 48 députés. Le Parti Québécois (42.9 % des votes) se retrouvait majoritaire avec 76 députés! Plus près de nous, le gouvernement libéral actuel a 100 % du pouvoir, pourtant c’est 41.5 % des votes exprimés qu’il a obtenus!

Au fil des décennies, il y a eu de nombreux sondages, projets et consultations. Il y a eu États généraux, commission parlementaire, avis du Directeur général des élections, avant-projet de loi… Après 40 ans de volte-face des partis traditionnels, le dossier est encore au point mort à cause de l’opportunisme électoral à courte vue.

Pourtant, un sondage CROP publié en avril 2015 indiquait que 70% des Québécois sont favorables à l’adoption d’un mode de scrutin de type proportionnel. Les éléments faisant consensus sont connus. La population veut des gouvernements qui représentent mieux le pluralisme politique et l’appui populaire aux divers partis, reconnaissent l’importance des régions dans la vie parlementaire et visent la représentation politique des femmes et des hommes la plus égalitaire possible.

Est-ce utopique au Québec? Nous croyons que le temps est venu pour un changement. Déjà, 85 % des pays industrialisés utilisent un mode de scrutin de type proportionnel. La Nouvelle-Zélande a modifié son mode de scrutin en 1993. Après avoir expérimenté le mode proportionnel durant cinq élections générales, la population a réaffirmé son choix lors d’un référendum en 2011. Au niveau fédéral, le gouvernement libéral s’est engagé à ce que l’élection d’octobre dernier soit la dernière sous le mode de scrutin uninominal à un tour. Avec la conjoncture actuelle où les citoyens sont de plus en plus cyniques envers leurs élus, il est temps de développer une culture de coalition et de collaboration. Il est grand temps de renforcer la confiance de la population envers sa classe politique dont vous voulez faire partie. Vous avez envie de défendre des idées et des valeurs en vous présentant comme candidat. Les citoyens et citoyennes de Chicoutimi souhaitent appuyer l’un ou l’une de vous pour ces valeurs que vous défendez et ils demandent de voter selon leurs valeurs.

À cet égard, nous vous prions de préciser clairement votre position sur cet enjeu politique avant la fin de la campagne.

Cordialement,

Lynda Youde, Suzie Devost, Anne Guay, Carol Boucher et Denis Lavallée du Mouvement Démocratie Nouvelle

Isabel Brochu, consultante en développement
Engelbert Cottenoir, CSN du Saguenay-Lac-St-Jean
Jean-Marc Crevier, citoyen
Marc Maltais, FTQ – Saguenay-Lac-Saint-Jean
Michel Roche, professeur de science politique (UQAC)