Le Devoir, 21 octobre 2016 | Sylvie Bouilianne
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le chef libéral Justin Trudeau promet une réforme en profondeur du système électoral canadien s’il prend le pouvoir cet automne.

Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne
Le chef libéral Justin Trudeau promet une réforme en profondeur du système électoral canadien s’il prend le pouvoir cet automne.

Après une année de gouvernement, les chemins ensoleillés de Justin Trudeau s’assombrissent peu à peu, dans des stratégies de mise en place de promesses politiques. Elles semblaient de prime abord comme étant très transparentes, mais au bout du compte, elles ne sont que manoeuvres d’évitements.

La réforme électorale, probablement la promesse libérale la plus importante de tout son programme politique, en fait les frais, se voyant enfouie dans une commission parlementaire qui fait tout son possible pour passer inaperçue dans les médias.

L’enjeu, celui de mettre à jour un système électoral vieux de 150 ans, est de taille. Hé oui, le Canada est une vielle démocratie sur cette planète, 1867, l’unification de l’Italie date de 1870.

Et pourtant, tous constatent — et surtout nos nobles parlementaires siégeant à cette commission —, que le besoin d’éducation populaire sur nos institutions est criant, et pas seulement auprès des plus jeunes.

Il n’y a aucun argument à mes yeux qui pourra tenir pour ne pas changer cet anachronique mode de scrutin, uninominal à un tour. Surtout pas le sentiment qu’ont nos gouvernants que la population n’est peu ou pas du tout intéressée par la question. Et pour cause, elle ne connaît que très peu ses institutions et son système électoral.

Il n’y a aucune raison de garder ce système injuste qui fait en sorte qu’un gouvernement obtient 100 % du pouvoir en Chambre avec seulement près de 40 % des votes de la population.

Avancer cet argument, Monsieur Trudeau, tient de l’hypocrisie, de la duperie et du manque de courage politique. Alors, je vous encourage à reprendre les chemins ensoleillés et j’espère seulement que la façon dont vous avez géré la question n’est qu’un passage nuageux sur votre route.