En route, vers une réforme du mode de scrutin

Tir groupé des partis d’opposition
La CAQ, le PQ et QS réclament du gouvernement la réforme du mode de scrutin
En pleine séance parlementaire, le 9 février dernier, la députée Véronique Hivon, le député Simon Jolin-Barrette et la députée Manon Massé ont interpellé la ministre Rita de Santis sur sa volonté à s’engager dans la réforme du mode de scrutin.
 

 
Voir la séance des questions :
 

Une de nos administratrices répond à la ministre De Santis :

Un mode de scrutin dépassé qui ne sert pas le Québec
Par Marie-Claude Bertrand, Verdun
Le Soleil, 10 février 2017

La ministre de la Réforme des institutions démocratiques, Rita de Santis.
ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

À l’Assemblée nationale, le 9 février 2017, le gouvernement libéral a refusé de discuter d’une motion présentée par les partis de l’opposition (PQ, QS, CAQ) pour que nous allions vers un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire régional. Les arguments principaux de la ministre De Santis pour rejeter cette proposition sont mal fondés.

Pour cette ministre, les Québécois ont élu le gouvernement libéral en 2014 pour réaliser son programme, dont mettre de l’ordre dans les finances publiques. Est-ce vrai? Pas du tout, 59,5 %, donc une majorité, n’ont pas voté pour cela. Le gouvernement libéral, avec une minorité de votes (41,5 %), mais une majorité de sièges (56 %) et 100 % du pouvoir, nous a mis en travers de la gorge son austérité. Et cela à cause du mode de scrutin majoritaire.

La ministre De Santis dit qu’un mode de scrutin proportionnel amènerait des gouvernements minoritaires au pouvoir et que, pour obtenir une majorité, il devrait s’allier à un autre parti pour gouverner. Pour elle, dans ce contexte, un parti ne pourrait pas réaliser son programme. Eh bien, justement, dans un sondage CROP en 2015, 70 % des Québécoises et des Québécois exprimaient vouloir un scrutin proportionnel pour avoir des gouvernements qui représentent mieux la diversité des points de vue. Bien plus, lisez Le Code Québec : le consensus fait partie de notre ADN, donc de notre mode privilégié de prise de décision.

Au Québec et au Canada, nous avons un mode de scrutin dépassé, inéquitable. Les pays industrialisés l’ont bien compris, car 85 % d’entre eux ont adopté un mode de scrutin de type proportionnel. Ce sont des nations qui nous ressemblent comme la Nouvelle-Zélande, l’Écosse, l’Allemagne, la Suède et combien d’autres. Ils gouvernement tous avec des coalitions et ce n’est pas la catastrophe économique ni le chaos, dans ces États.

Notre mode de scrutin en est un où le pouvoir ne se partage pas et où sont écartés les petits partis, quelles que soient nos allégeances de droite ou de gauche. En ce moment, Québec Solidaire est sur la corde raide à cause du changement de carte électorale dans la circonscription Ste-Marie-St-Jacques. Le parti devra travailler très fort pour la garder. En effet, saviez-vous qu’il faut à QS recueillir 105 700 votes pour détenir un siège à l’Assemblée nationale, alors que la CAQ doit en recevoir 44 350, le PQ 35 000 et le PLQ, lui, seulement 25 000? Quelle iniquité! Un mode de scrutin proportionnel rétablirait l’équilibre dans la représentation en accordant des sièges de compensation aux partis ayant obtenu le plus de votes dans une région.

Le gouvernement libéral s’obstine de manière partisane à ne pas rejoindre le consensus actuel dans la société québécoise pour que chaque voix compte. Au Québec, ce champ est labouré depuis longtemps et les fruits sont à portée de main. Un scrutin proportionnel mixte compensatoire régional, c’est sur cette proposition qu’a été signée l’entente du 7 décembre dernier à l’Assemblée nationale entre les partis politiques (PQ, QS, CAQ, Option nationale et Parti vert du Québec). Qu’on se le dise, des citoyennes et des citoyens veillent au grain. Le mode de scrutin doit nous rendre justice! Nous saurons pour qui voter en 2018 pour que notre quête se réalise.

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