Il ne traduit pas l’importance des régions dans la réalité québécoise

Le mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour ne respecte pas la population des différentes régions. Tous les défauts observés à l’échelle nationale s’observent également au niveau de chacune des régions. 

Du point de vue de la population d’une région, le mode de scrutin actuel ne permet pas non plus:

  • de refléter la volonté populaire régionale
  • d’exprimer le pluralisme politique existant au niveau régional
  • d’atteindre l’égalité homme-femme dans la représentation de la région
  • d’incarner la diversité de la population de la région

La population de nombreuses régions n’obtient pas la représentation qu’elle a demandée et les résultats des trois dernières élections le prouvent.

Les distorsions entre la volonté populaire et la représentation des options politiques se produisent aussi à l’échelle régionale. Ces distorsions ne sont pas rares. Elles se répètent à toutes les élections, pour la majorité des régions et affectant souvent les mêmes .

À chaque élection, des régions se retrouvent représentées exclusivement ou presque par un seul parti, alors que le vote de la population y a été diversifié.

Aux élections de 2012, dans sept régions, la population voit le pouvoir régional monopolisé ou presque par un parti qui souvent a obtenu moins de 45% des votes régionaux:  Abitibi-Témiscamingue et Nord-du-Québec, Côte-Nord, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Lanaudière, Saguenay-Lac-Saint-Jean et Outaouais. La situation était encore pire aux deux élections précédentes.

En 2008, la population de neuf régions a vu le pouvoir régional monopolisé ou presque par un parti qui a pu obtenir moins de 43% des votes régionaux: Côte-Nord–Nord-du-Québec, Estrie, Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, Île-de-Montréal, Lanaudière, Laurentides, Laval, Saguenay‑Lac-Saint-Jean et Outaouais.

En 2007, cette situation touchait la population de dix régions: Abitibi-Témiscamingue, Côte-Nord–Nord-du-Québec, Chaudière-Appalaches, Estrie, Île-de-Montréal, Lanaudière, Laval, Mauricie–Centre-du-Québec, Saguenay‑Lac-Saint-Jean et Outaouais.

La volonté populaire exprimée dans plusieurs régions est régulièrement renversée.

À l’élection 2012, les populations de deux régions administratives, Chaudière-Appalaches et en Estrie, étaient représentées par le parti qui est arrivé 2e au niveau du nombre des votes obtenus dans ces régions.

La volonté de la population du Bas-Saint-Laurent avait été renversée en 2007 et en 2008, et celle de la Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine avait aussi été renversée en 2008.

Le mode de scrutin actuel ignore des votes dans toutes les régions

Actuellement, le poids des votes varie selon le parti pour lequel on vote et l’endroit où on habite. La raison de cette inégalité est que lors des élections générales c’est en fait 125 élections simultanées qui ont lieu dans autant de circonscriptions.

La représentation ne tient pas compte du nombre total de votes attribué à chaque parti, ni au niveau national, ni au niveau régional. (Pour plus d’informations sur les votes perdus voir la section sur la volonté populaire non respectée.)

Dans toutes les régions, et lors des 41 élections québécoises, les votes des gens qui appuient une candidate ou un candidat défait n’ont aucune représentation dans le résultat final. Leurs votes sont perdus parce qu’ils n’ont pas du tout été considérés dans les résultats. Bien entendu, ils sont représentés par un député ou une députée, et le parti de leur choix peut avoir ou non remporté des sièges dans d’autres circonscriptions, mais leur choix a été ignoré par le système. Il n’y a donc pas que les personnes qui optent pour des tiers partis qui perdent leurs votes, mais aussi toute personne habitant dans le château fort d’un parti qui n’est pas celui de son choix.

Faits saillants des résultats régionaux des élections de 2012

Ces situations sont régulières. Les noms des partis changent, mais les mêmes problèmes se répètent à chaque élection, notamment aux élections de 2007 et 2008.

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