Un mode de scrutin dépassé

Le mode de scrutin actuel

Le mode de scrutin en vigueur au Québec et au Canada est appelé « scrutin majoritaire uninominal à un tour ». On l’appelle aussi « scrutin britannique », car il vient de la Grande-Bretagne. Ce mode de scrutin fait en sorte que l’électrice ou l’électeur vote une seule fois (« un tour ») pour une seule personne (« uninominal ») dans sa circonscription. La personne élue est celle qui a obtenu le plus de voix, mais pas nécessairement la majorité absolue des voix (ce qui signifierait obtenir 50 % + 1 vote). Même si elle l’emporte par un seul vote, elle représentera la circonscription à l’Assemblée nationale.

Le poids des votes varie selon le parti que l’on appuie et l’endroit où on habite. La raison de cette inégalité est que lors des élections générales c’est en fait 125 élections simultanées qui ont lieu dans autant de circonscriptions. Il suffit d’obtenir un vote de plus que son adversaire pour remporter le siège et représenter la circonscription. Le parti qui gagne le plus grand nombre de ces élections forme le gouvernement, peu importe combien de votes il a obtenus à  l’échelle du Québec.

Les caractéristiques et les effets de ce type de mode de scrutin sont observés à travers le monde.

Pourquoi changer ce mode de scrutin

Il ne reflète pas la volonté populaire

Le système actuel produit des écarts importants entre la volonté populaire et la composition de l’Assemblée nationale. Aucune des 41 élections québécoises n’a produit une Assemblée nationale conforme aux votes exprimés. À cinq reprises, il a porté au pouvoir un parti ayant obtenu moins de votes que celui qui a formé l’opposition (en 1886 et 1890, et plus récemment, en 1944, 1966 et 1998 – a même failli se produire en 1994 et en 2012). Ces distorsions du vote populaire ne sont pas des accidents de parcours. Notre mode de scrutin actuel déforme systématiquement le résultat du vote.

Il n’exprime pas le pluralisme politique

 La représentation par circonscription fait en sorte que, pour qu’un tiers parti fasse élire une candidate ou un candidat, il faudrait que tous ses partisans habitent dans la même circonscription. Ce système est conçu pour limiter la concurrence à deux « grands » partis, qui alternent entre le pouvoir et l’opposition. Le mode de scrutin majoritaire empêche ainsi les tiers partis d’obtenir leur juste place à l’Assemblée nationale, soit une place correspondant à l’appui qu’ils reçoivent de la population.

Il ne traduit pas l’importance des régions dans la réalité québécoise

À chaque élection, des régions se retrouvent représentées exclusivement ou presque par un seul parti, alors que le vote y a été diversifié.  Depuis le 4 septembre 2012, les populations de deux régions administratives, Chaudière-Appalaches et en Estrie, sont représentées par le parti qui est arrivé 2e au niveau du nombre des votes obtenus dans ces régions

Il ne représente pas également les femmes et les hommes

La population du Québec est formée de 50 % de femmes. Cependant, les femmes ont toujours occupé moins de 30 % des sièges de l’Assemblée nationale… Cette inégalité ne doit plus être tolérée au 21e siècle.

Il n’incarne pas la diversité ethnoculturelle

Les citoyennes et citoyens issus des minorités ethnoculturelles participent à l’édification de la société québécoise. Le Québec se veut une nation inclusive, mais dans les faits, il existe des obstacles à la participation et à la représentation politique des minorités ethnoculturelles.

Pour en savoir plus

En plus des informations que vous trouverez dans ces pages, le MDN a produit plusieurs documents et présentations pour répondre à des besoins variés d’explication des défauts du mode de scrutin majoritaire utilisé au Québec. [EXPAND les détails!]

[/EXPAND]

Laisser un commentaire