Depuis Alexandrie, en Louisiane, aux États-Unis, l’avion a d’abord transité par le Sénégal et le Ghana avant d’atterrir finalement à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo. Après plus de 26 heures de vol, 15 demandeurs d’asile expulsés des États-Unis sont descendus de l’avion dans la nuit de jeudi à vendredi dernier.
Les 15 migrants sont originaires d’Amérique latine : Colombie, Pérou et Equateur. Selon le gouvernement congolais, ils ne seront désormais admis en RD Congo que « temporairement ». Vous avez le choix soit de rester définitivement au Congo et d’y demander l’asile, soit de migrer vers votre pays d’origine ou un autre pays tiers.
Il s’agit du premier vol d’expulsion de ce type vers la RD Congo, mais peut-être pas le dernier. Dans un premier communiqué du gouvernement congolais début avril, il était initialement question de 30 migrants censés arriver. Cependant, peu avant le départ, les juges américains ont arrêté l’expulsion de certaines des personnes concernées.
Le visa de transit est valable sept jours
Dans un communiqué publié vendredi, le gouvernement congolais a expressément souligné qu’il ne s’agissait pas d’un « logement permanent » pour la population. Ils ne recevront qu’un visa de transit de sept jours, seront hébergés dans un hôtel près de l’aéroport de Kinshasa et devront pendant ce temps soit contacter l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour organiser leur voyage vers leur pays d’origine ou un autre pays tiers, soit contacter les autorités congolaises de l’immigration pour prolonger leur visa jusqu’à trois mois maximum. Le gouvernement américain paie le logement et la nourriture pendant cette période.
L’année dernière, le gouvernement américain du président Donald Trump a entrepris des vols d’expulsion, notamment vers l’Afrique : notamment le Soudan du Sud, l’Ouganda, le Ghana, le Cameroun et le Swaziland. D’autres suivront. Selon un rapport des démocrates américains de la commission des relations étrangères du Sénat américain, l’administration Trump aurait dépensé au moins 40 millions de dollars pour expulser environ 300 migrants vers des pays tiers en 2025. Les pays ont reçu des sommes forfaitaires comprises entre quatre et sept millions de dollars américains pour accueillir les expulsés.
Ce n’est pas une coïncidence si le Congo, ravagé par la crise et peu sûr, devient désormais la cible des expulsions américaines. Le gouvernement congolais a récemment conclu de nombreux accords avec le gouvernement américain. Trump agit en tant que parrain des négociations de paix entre les gouvernements congolais et rwandais. Les chefs d’État des deux pays ont signé un traité de paix à la Maison Blanche en décembre de l’année dernière.
Selon l’ONU, le Rwanda soutient les rebelles du M23 (Mouvement du 23 mars) dans l’est du Congo. En échange, le Congo et les États-Unis ont signé un soi-disant accord de partenariat stratégique dans lequel les entreprises américaines bénéficient d’un accès exclusif aux minéraux rares du Congo tels que le coltan, le cobalt, le cuivre et le lithium. Apparemment, l’admission volontaire et temporaire des migrants non désirés faisait également partie de l’accord.