Conférence internationale sur le Soudan à Berlin : le gouvernement soudanais rejette la conférence sur le Soudan

Le gouvernement soudanais rejette la conférence internationale sur le Soudan prévue le 15 avril à Berlin. Comme l’ont rapporté à l’unanimité les médias d’État soudanais ce week-end, l’ambassadrice du Soudan, Ilham Ibrahim Mohamed Ahmed, a déposé vendredi une protestation auprès du ministère des Affaires étrangères contre cet événement, dans lequel elle n’est pas impliquée.

Comme chaque année au début de la guerre au Soudan le 15 avril 2023, lorsque la milice paramilitaire RSF (Forces de soutien rapide) a lancé un soulèvement contre le gouvernement militaire, cette année une réunion de nombreux diplomates, hommes politiques et humanitaires impliqués dans le pays ainsi que de certaines voix civiles soudanaises aura lieu dans une capitale européenne. Après Paris en 2024 et Londres en 2025, Berlin sera le lieu de la conférence cette année. Les parties belligérantes ne sont pas invitées, y compris ni le gouvernement soudanais ni les RSF.

Cela place le gouvernement soudanais au même niveau qu’une « milice terroriste », a expliqué l’ambassadrice du Soudan dans un mémorandum qu’elle a remis vendredi au directeur Afrique, Gesa Bridegroom, lors d’une réunion au ministère des Affaires étrangères, selon les informations du ministère soudanais des Affaires étrangères rapportées par les médias soudanais. « Toute tentative de discuter ou de faire rapport sur le Soudan sans impliquer son gouvernement constitue une violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations Unies ainsi qu’une violation de la souveraineté de l’État et des normes diplomatiques établies. » Le gouvernement soudanais a tenté en vain de s’impliquer dans les préparatifs de la conférence depuis janvier, selon des informations.

Le gouvernement soudanais s’était déjà plaint de la conférence de Paris de 2024 avec les mêmes arguments. Cette fois, elle menace également que le Soudan « repensera désormais ses relations » avec les pays qui organisent et promeuvent la conférence. Selon des informations officielles allemandes, la conférence est organisée conjointement par l’Allemagne, l’UE, la France, le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Union africaine (UA). L’objectif est donc de « renforcer l’aide humanitaire, donner de la place aux voix soudanaises engagées dans une transition dirigée par les civils et trouver les voies d’une paix durable ».

Des discussions sur la participation exacte des Soudanais aux votes ont eu lieu dimanche au siège de l’UA à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. La présence à Berlin de représentants civils des deux camps, y compris du contre-gouvernement soudanais soutenu par RSF, était initialement considérée comme possible, mais l’attitude négative du gouvernement risque désormais de la rendre impossible. Une déclaration du ministère des Affaires étrangères sur la protestation du gouvernement soudanais n’était pas disponible au moment de la mise sous presse dimanche.