La conférence internationale sur le Soudan organisée à Berlin le jour anniversaire de la guerre, le 15 avril, a fait beaucoup de bonnes choses. Des engagements et des appels importants en matière d’aide ont été lancés, les étapes nécessaires à un processus de paix ont été discutées et les voix civiles soudanaises ont eu l’occasion de se positionner et de participer.
Et ce n’est pas une erreur que les parties belligérantes du Soudan et le gouvernement internationalement reconnu du pays n’aient pas été invités. Il ne s’agissait pas d’une conférence de paix réunissant les acteurs de la guerre et destinée à faire avancer le processus de paix. Il s’agissait d’une conférence de non-participants visant à explorer des positions communes en vue d’un éventuel futur processus de paix.
Comparé à l’état désastreux de la diplomatie internationale dans d’autres guerres à travers le monde, où il n’y a généralement même pas d’accord sur le sujet de discussion, c’est impressionnant. Et en même temps, cela montre pourquoi cette conférence n’aura probablement aucune conséquence, tout comme les conférences sur le Soudan à Paris et à Londres les années précédentes.
Parce que toutes les nombreuses mesures de paix sensées et sensées pour le Soudan qui ont été discutées à Berlin dépendent du silence des parties belligérantes au Soudan. Le libre accès à l’aide humanitaire, la protection de la population civile et un processus politique dirigé par les Soudanais sont autant de étapes deux et trois. Dans la première étape, c’est le tour des chefs de guerre. Et ils n’y pensent même pas.
Tout le monde à la conférence le savait également, et certains l’ont également dit : un cessez-le-feu humanitaire immédiat est la condition préalable à tout le reste. D’où est-ce que ça doit venir ? Même si les parties belligérantes bénéficient d’un soutien étranger, elles ne sont pas les marionnettes de puissances étrangères. Ce sont deux ailes puissantes du même pouvoir d’État autoritaire et tout-puissant qui domine et contrôle le Soudan depuis des décennies. Et ils se battent sans pitié pour gagner, quoi qu’en disent les diplomates à Berlin.
Il y a sept ans, le Soudan a connu un soulèvement révolutionnaire d’un courage unique contre le régime militaire. Elle fut étouffée dans l’œuf par les généraux. Le mouvement démocratique soudanais peut à juste titre se demander pourquoi le monde n’a pas fait plus d’efforts pour le Soudan à l’époque, avant la guerre, dans les années d’éveil démocratique. L’occasion a été manquée. Aujourd’hui, les militaires ravagent le pays dans une lutte de pouvoir entre eux.
Pour abandonner la guerre, les parties belligérantes au Soudan auraient besoin d’une offre alléchante. Quelles considérations faudrait-il leur apporter pour qu’ils gardent les armes silencieuses ? Cette question n’est pas recommandable car toute réponse se ferait probablement aux dépens du peuple soudanais. Mais tant que personne ne trouvera de réponse, la guerre continuera. Les diplomates soudanais du monde entier peuvent marquer la date du 15 avril 2027 dans leur calendrier pour la prochaine conférence internationale sur le Soudan.