Costa Rica : Statut spécial pour les migrants et acceptation des expulsés des USA

San José. Les autorités costariciennes mettent en œuvre des mesures pour délivrer des permis de travail et des permis de séjour formels aux migrants du Nicaragua, du Venezuela, de Cuba et de Colombie. La Direction générale des migrations et des étrangers (DGME) a ​​déclaré que le nombre d’expulsés reçus des États-Unis à partir de trois vols en avril était de 83, dont 11 étaient des Costaricains. Ils ont eu lieu dans le cadre de l’accord bilatéral signé avec Washington en mars (a rapporté Amerika21). En 2025, le Costa Rica a accueilli 200 migrants de diverses nationalités expulsés des États-Unis en vertu d’un autre accord.

La politique américaine d’« externalisation des frontières », comme le Plan Escudo de las Américas, est au cœur de l’expulsion des migrants vers les pays de transit. Le gouvernement américain finance les restitutions pour éviter des rapatriements coûteux vers l’Asie ou l’Afrique et utilise des États de transit comme le Costa Rica pour les traiter. Les personnes concernées peuvent s’inscrire pour une « aide au retour volontaire », choisir un séjour humanitaire temporaire ou demander l’asile dans les sept premiers jours.

Cependant, le système d’asile et de régularisation du Costa Rica connaît un retard important en raison d’un manque de ressources. Afin d’accélérer le processus et de remplir ses obligations envers les États-Unis, le gouvernement a créé la « Catégorie spéciale temporaire ». Cette réglementation pour les personnes originaires du Nicaragua, du Venezuela, de Cuba et de Colombie sert de mesure d’ordre interne. L’objectif du décret est de résorber le retard administratif afin de donner à l’État la flexibilité opérationnelle nécessaire.

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Selon la DGME, cette réglementation bénéficie à ceux qui ont demandé l’asile au Costa Rica entre le 1er juin 2014 et le 7 mai 2026. Cela concernerait environ 10 480 personnes parmi les 318 000 demandeurs qui attendent toujours une décision dans le pays. Selon le Service Jésuite des Migrants (SJM), il y a eu près de 29 000 nouveaux demandeurs d’asile de ces nationalités au Costa Rica rien qu’en 2025. En raison de ce délai, les migrants des pays d’origine mentionnés ci-dessus arrivés sur les vols d’expulsion en avril peuvent postuler pour la catégorie spéciale. Toutefois, toute personne entrant dans le pays après le 7 mai 2026, comme les futurs expulsés ou les membres de la migration de travail traditionnelle nicaraguayenne, reste exclue de cette mesure.

Les organisations non gouvernementales internationales sont préoccupées par la situation des déportés. Rachel Schmidtke de Refugees International a mis en garde contre d’éventuelles persécutions ou tortures dans les pays d’origine si les personnes concernées subissent des pressions pour « rentrer volontairement ». Le Bureau du Médiateur du Costa Rica a également déclaré qu’il n’était pas encore en mesure de déterminer où se trouvent actuellement les nouveaux arrivants ni leurs conditions humanitaires.

Néanmoins, cette catégorie spéciale offre une voie de régularisation à des milliers de personnes qui n’avaient auparavant aucune alternative légale pour vivre et travailler dans le pays. Les autorités ont souligné qu’en l’absence d’autres mécanismes, cette réglementation serait prolongée indéfiniment. Pendant ce temps, les migrants arrivant en vertu de l’accord après la date limite devront attendre l’issue de leur dossier au Costa Rica.