Bogotá. En Colombie, moins de 50 pour cent des quelque 41 millions d’électeurs éligibles ont voté hier pour un nouveau parlement. Dans le même temps, des primaires multipartites ont été organisées pour déterminer les candidats à la présidentielle. Les élections à l’échelle de l’État ont déterminé les membres du Sénat et de la Chambre des représentants pour la session législative 2026-2030. Parallèlement, des primaires ouvertes ont été organisées dans plusieurs camps politiques pour déterminer les candidats à l’élection présidentielle du 31 mai 2026.
La coalition gouvernementale de gauche Pacto Histórico est en tête des élections sénatoriales. Il a reçu environ 4,4 millions de voix (22,7 pour cent) et constituera donc le plus grand parti au Sénat. Derrière eux se trouvent le conservateur Centro Democrático avec environ 15,6 pour cent, le Partido Liberal avec environ 11,7 pour cent, ainsi que l’Alianza por Colombia et le Partido Conservador, chacun avec un peu moins de dix pour cent.
Au sein de la Cámara de Representantes, un tableau plus fragmenté se dessine : les blocs les plus importants sont également constitués par le Pacto Histórico et le Centro Democrático, suivis par les partis traditionnels tels que les Libéraux, les Conservateurs et d’autres alliances régionales.
Aucune force politique n’obtient la majorité absolue, des coalitions seront donc nécessaires pour adopter des lois au cours de la prochaine législature.
Au total, plus de 3 000 candidats se sont présentés pour environ 285 sièges au Congrès, dont 102 au Sénat et 183 à la Chambre des représentants.
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Il y a également eu trois primaires multipartites. Les électeurs ont voté pour savoir quel leader représenterait les coalitions électorales respectives à l’élection présidentielle. Ces élections sont volontaires et tous les partis et alliances n’y participent pas. Les électeurs doivent demander explicitement le bulletin de vote. Le candidat du Pacto Histórico était déjà déterminé depuis les élections primaires d’octobre.
Les élections ont été soumises à des mesures de sécurité renforcées pour prévenir d’éventuelles attaques de groupes armés et garantir le bon déroulement du scrutin. Par ailleurs, les frontières terrestres et fluviales ont été temporairement fermées pour renforcer les contrôles de sécurité sur l’ensemble du territoire national.
Plusieurs irrégularités et enquêtes sur des fraudes électorales ont eu lieu le jour du scrutin. Les autorités ont signalé près de 1 000 délits liés aux élections, notamment des allégations d’achat de voix et de découverte d’argent liquide sur des candidats. Les autorités affirment qu’il y a eu 68 arrestations liées à ces allégations. En outre, environ 2 400 personnes ont été empêchées de traverser illégalement la frontière vénézuélienne pour éventuellement participer au vote.
Les associations indigènes signalent que de nombreux bureaux de vote n’ont pas distribué de bulletins de vote spéciaux pour les peuples indigènes et afro-colombiens. Il y a 2 sièges réservés aux candidats autochtones au Sénat et 2 sièges aux Afros à la Cámara. Les électeurs peuvent demander un bulletin de vote autochtone ou afro-colombien au lieu du bulletin de vote normal et ainsi soutenir uniquement ces listes spéciales. Ces sièges visent à garantir que les communautés autochtones et afro soient représentées au Parlement.
Ce vote est considéré comme un test d’humeur politique important pour le projet de gouvernement de gauche du président Gustavo Petro, qui n’est pas autorisé à se représenter conformément à la Constitution. En mai, Iván Cepeda se présentera pour la gauche aux élections présidentielles. Il a expliqué que sa coalition de gauche était devenue la force politique la plus importante du pays, avec plus de quatre millions de voix et la plus grande faction au Sénat. Cepeda a fait valoir que ce soutien reposait sur la mise en œuvre de réformes sociales et sur la promesse d’une plus grande justice sociale sous le gouvernement de Gustavo Petro. Sur cette base, il a exprimé sa conviction que la Colombie était prête pour un « deuxième projet de gouvernement progressiste ». Il a annoncé qu’il remporterait la victoire aux élections présidentielles du 31 mai 2026.