Buenos Aires. L’Institut national de la statistique et du recensement (INDEC) a publié ces dernières semaines des chiffres actualisés sur l’inflation, la production industrielle et la pauvreté. Les chiffres officiels montrent que le taux d’inflation a augmenté régulièrement au cours des dix derniers mois, pour atteindre 3,4 pour cent en mars. Dans le même temps, la production industrielle a continué de diminuer, de 4 % en moyenne rien qu’en février 2026, tandis que la réduction de la pauvreté au sein de la population est au point mort.
Pour 2026, le taux d’inflation total atteindra un niveau de 9,4 pour cent. L’augmentation moyenne des prix par rapport au mois de mars de l’année précédente était de 32,6 pour cent. Les coûts de l’éducation sont particulièrement touchés par les augmentations actuelles, entre autres parce que la période considérée coïncide avec la rentrée scolaire, ainsi que les catégories de coûts de transport, de loyer, d’énergie et d’eau. Et même le taux d’inflation sous-jacente, qui est le plus stable, est de 3,2 pour cent. Dans la revue Cenital, l’économiste Guido Zack décrit comment le gouvernement refuse également de mettre à jour le panier de biens utilisé pour le calcul, ce qui maintient les statistiques artificiellement basses.
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L’effondrement de la production industrielle argentine (d’après ce que rapporte America21) se poursuit et affecte presque tous les secteurs industriels. Par rapport à février de l’année précédente, des secteurs tels que la fabrication textile, l’industrie automobile et la production de transformation des métaux ont chacun diminué de plus de 20 pour cent. Seule l’industrie pétrolière a pu enregistrer une légère augmentation de 2,7 pour cent par rapport à l’année précédente.
Le gouvernement s’en tient à sa politique d’austérité actuelle, malgré l’inflation et la baisse de la production. Le principal argument en est le succès de la lutte contre la pauvreté, basé sur les dernières statistiques de l’INDEC : alors que les chiffres de la pauvreté atteignaient près de 53 pour cent de la population au premier semestre 2024, les chiffres officiels pour le deuxième semestre 2025 indiquent qu’ils ont presque diminué de moitié, passant à 28,2 pour cent. Cependant, ces chiffres souffrent de problèmes méthodologiques, comme le présentent des chercheurs du Centre de distribution, de travail et de recherche sociale de l’Université de La Plata dans une étude d’avril de cette année. En raison des fortes fluctuations de l’inflation et du décalage dans la mesure des revenus et du coût de la vie, les chiffres officiels surestiment et sous-estiment la pauvreté selon les périodes. En outre, ici aussi, le gouvernement s’en tient au panier de consommation de 2004/2005 au lieu d’utiliser des chiffres actualisés. Dans leur étude, les chercheurs ont corrigé ces facteurs et ont constaté que les chiffres de la pauvreté au premier semestre 2025 n’avaient en réalité diminué que d’environ deux points de pourcentage, au lieu de plus de dix points de pourcentage.