En coordination avec onze États : la Grande-Bretagne sanctionne les colonies en Cisjordanie

En coordination avec onze ÉtatsLa Grande-Bretagne sanctionne les colonies en Cisjordanie

Les colons israéliens recourent de plus en plus à la violence contre les Palestiniens en Cisjordanie. En règle générale, ils peuvent compter sur l’impunité. (Photo : photo alliance/dpa/AP)

La violence des colons contre les Palestiniens augmente massivement et le gouvernement israélien continue d’étendre les colonies en Cisjordanie. Londres voit la solution à deux États en danger et annonce des sanctions. Malgré les vives critiques d’Israël, elles sont avant tout symboliques.

La Grande-Bretagne, en coordination avec la France, le Canada et neuf autres pays, a annoncé une interdiction du commerce des marchandises provenant des colonies israéliennes de Cisjordanie occupée. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, a déclaré à la Chambre des communes que son pays ne pouvait plus se contenter de dénoncer l’injustice et la souffrance. Des mesures doivent être prises pour contrecarrer l’expansion des colonies et la destruction de la solution à deux États. Le gouvernement britannique considère l’occupation de la Cisjordanie comme illégale.

Avec cette décision, Londres rejoint d’autres pays européens tels que les Pays-Bas, l’Irlande, la Belgique, l’Espagne et la Norvège qui ont mis en œuvre ou envisagent de mettre en œuvre de telles interdictions d’importation. Cette annonce a suscité de vives critiques en Israël. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a appelé à l’expulsion de l’ambassadeur britannique à Tel-Aviv et a annoncé la construction de 1 000 nouveaux appartements dans deux autres colonies de Cisjordanie. Le ministre de la Sécurité Itamar Ben-Gvir a appelé à la fermeture du consulat britannique à Jérusalem-Est. Le président Izchak Herzog a accusé la Grande-Bretagne d’intervenir dans les élections israéliennes prévues fin octobre.

L’impact économique de l’interdiction devrait être faible. Le volume du commerce bilatéral s’élève à environ sept milliards d’euros par an. Les marchandises provenant des colonies, principalement les produits agricoles et le vin, ne représentent qu’une très petite partie des exportations israéliennes. En outre, on ne sait pas clairement comment les autorités britanniques entendent faire la distinction entre les produits des colonies et ceux d’Israël.

Selon un rapport de l’agence Bloomberg, des diplomates britanniques ont déclaré à huis clos aux États-Unis que les nouvelles sanctions étaient en grande partie symboliques et n’auraient pas d’impact significatif sur l’ensemble des relations commerciales ou sécuritaires de la Grande-Bretagne avec Israël. Des efforts diplomatiques sont en cours pour adoucir la réponse de l’administration Trump aux sanctions annoncées, alors que l’on craint que la décision contre les colonies israéliennes en Cisjordanie ne marque le premier revers majeur du nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham dans ses relations avec les États-Unis.

Le gouvernement israélien compromet la solution à deux États

Selon le rapport, Burnham a appelé le président américain Donald Trump lundi après-midi et l’a informé des mesures à venir. Le fait que les relations entre la Grande-Bretagne et Israël resteront largement inchangées malgré le changement de rhétorique des ministres du gouvernement pourrait décevoir certains membres de la gauche britannique, a-t-il déclaré. Le Premier ministre Burnham est le chef du Parti travailliste et a annoncé une politique plus dure à l’égard d’Israël que son prédécesseur Keir Starmer, afin de reconquérir les anciens membres du parti.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Miliband, lui-même issu d’une famille juive, a expressément souligné le droit d’Israël à l’existence, qui ne doit pas être remis en question. Il s’agit toutefois de maintenir vivante la possibilité d’une solution à deux États. Cette situation est ouvertement contestée par certaines parties du gouvernement israélien.

Les sanctions surviennent à un moment où la violence des colons radicaux contre les Palestiniens de Cisjordanie s’accentue et où les forces de sécurité israéliennes ne prennent pratiquement aucune mesure contre cette violence. Dans le même temps, les colonies israéliennes dans la zone conquise en 1967 sont massivement étendues par le gouvernement religieux de droite.

Un projet de colonisation qu’Israël met actuellement en avant dans la zone dite E1 entre Jérusalem-Est et la colonie de Maale Adumim est particulièrement controversé. Le développement pourrait effectivement diviser la Cisjordanie en une partie nord et une partie sud, rendant impossible la création d’un État palestinien contigu. Les projets suscitent donc de vives critiques internationales.