New York/La Havane. Le récent renforcement du blocus américain contre Cuba et la nouvelle expansion des mesures coercitives unilatérales contre les acteurs de pays tiers entravent l’acheminement de l’aide nécessaire de la part des Nations Unies (ONU) à Cuba. Selon l’agence de presse EFE, près de 20 000 tonnes de nourriture de l’ONU sont stockées à Cuba, qui ne peuvent pas être distribuées ou ne peuvent l’être que lentement et avec beaucoup de difficultés en raison de la pénurie de carburant provoquée par le blocus pétrolier total imposé par le président Trump en janvier. Ce blocage des approvisionnements de secours vitaux affecte également ceux qui ne peuvent pas être transportés vers leur destination depuis divers pays tiers et organisations de la société civile.
L’ONU a indiqué que le Programme alimentaire mondial (PAM) dispose actuellement à lui seul d’environ 11 000 tonnes de nourriture et de compléments nutritionnels dans les ports cubains de Mariel, à l’ouest de l’île, et de Santiago de Cuba, à l’est, sans qu’ils puissent être acheminés plus loin. D’autres organisations de l’ONU, dont le fonds pour l’enfance UNICEF et l’agence d’aide au développement PNUD, disposent également de plusieurs dizaines de conteneurs dans les mêmes ports, dont le déchargement et la distribution tardent. La distribution se fait manuellement, conteneur par conteneur, avec les petites quantités de carburant disponibles auprès de diverses sources. Ce n’est ni efficace ni planifiable.
Dans ce contexte, l’expansion des mesures coercitives unilatérales des États-Unis contre Cuba a également des conséquences importantes. Il affecte les entreprises et les individus ayant des liens économiques avec l’État cubain ou ses entreprises et souligne et renforce le caractère extraterritorial du blocus. Les menaces et les menaces de sanctions visent à contraindre les acteurs des pays tiers à se joindre au blocus américain. En effet, après l’annonce de la commande, les deux principales compagnies maritimes internationales qui travaillent avec Cuba, la française CMA CGM et l’allemande Hapag-Lloyd, ont décidé, par mesure de précaution, de ne pas accepter de nouvelles commandes liées à cette nation insulaire des Caraïbes.
Rien n’arrive sans mousse
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En raison du problème prévisible du transport de l’aide humanitaire, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) avait déjà soumis à un stade précoce un document intitulé « Plan de traçabilité » à la délégation américaine auprès de l’ONU. Il explique comment le carburant doit être utilisé pour transporter les secours afin que l’État cubain n’en profite pas. Le plan d’OCHA vise à éviter un conflit avec les États-Unis, premier donateur du PAM mais qui a réduit ses contributions. Cependant, plus de cinq semaines se sont écoulées depuis la présentation du plan sans que l’ONU reçoive une réponse de Washington.
Par ailleurs, le représentant permanent de Cuba auprès des Nations Unies, Ernesto Soberón Guzmán, a déclaré que le blocus économique, commercial et financier imposé et renforcé par les États-Unis représente le principal obstacle au développement durable souhaité par Cuba. En fait, il a également averti que la baisse continue du financement inconditionnel de l’ONU mettrait en péril les progrès vers l’Agenda 2030 et éloignerait l’objectif d’éradication de la pauvreté mondiale. S’exprimant lors du dialogue du Secrétaire général de l’ONU organisé au Conseil économique et social (ECOSOC), il a également souligné que le document présenté par le Secrétaire général reflète les difficultés du système des Nations Unies. Tout en reconnaissant les mesures prises pour accroître l’efficacité et mieux aligner l’aide sur les programmes nationaux, Guzmán a averti que des obstacles persistaient qui empêchaient l’Organisation de réaliser pleinement son potentiel de développement durable. Le diplomate cubain a également exprimé sa grande inquiétude face aux actions américaines, qui pourraient porter atteinte au multilatéralisme et affaiblir les piliers fondamentaux de l’organisation internationale.