L’Équateur met fin à ses relations avec Cuba et expulse ses diplomates

Quito. Le ministère des Affaires étrangères en Équateur a déclaré persona non grata l’ambassadeur Basilio Antonio Gutiérrez García et 21 autres membres de la mission cubaine. La décision est basée sur l’article neuf de la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques, qui permet à un État de déclarer des diplomates étrangers indésirables sans justification. Les personnes concernées doivent quitter le territoire équatorien dans les 48 heures suivant la notification formelle.

Le ministère cubain des Affaires étrangères a rejeté cette décision, la qualifiant d’infondée. Dans un communiqué, il a déclaré que cette décision avait porté atteinte aux relations historiques et à la coopération entre les deux pays.

Plusieurs députés de l’opposition équatorienne ont vivement critiqué cette décision. Ils ont fait valoir que cette mesure nuisait aux relations entre les deux pays, sapait l’intégration latino-américaine et affaiblissait la tradition de dialogue de la région. La représentante Mariana Yumbay a souligné les décennies d’histoire, de culture et de coopération communes. Les critiques préviennent également que cette décision pourrait avoir des conséquences négatives pour des milliers de Cubains vivant en Équateur.

Le parti Revolución Ciudadana et l’organisation faîtière indigène Conaie ont critiqué cette décision comme une confrontation diplomatique injustifiée qui ne correspond pas aux intérêts de la population équatorienne et démontre une subordination à l’agenda géopolitique américain. Ils y voient une rupture avec la solidarité traditionnelle latino-américaine et accusent le gouvernement de soutenir les pressions de Washington contre Cuba.

Selon les informations officielles, la mesure touche, outre le chef de mission, un conseil des ministres, un conseiller ayant des fonctions consulaires, plusieurs secrétaires, des attachés civils, du personnel administratif et des assistants consulaires. Cela couvre toute la mission diplomatique de La Havane en Équateur. Auparavant, le président Daniel Noboa avait signé le décret exécutif 317. Ce décret mettait fin au mandat de l’ambassadeur d’Équateur à Cuba, José María Borja López. Le décret met également fin à ses fonctions de représentant non-résident dans la Communauté de la Dominique, de la Jamaïque et de Saint-Vincent-et-les Grenadines. Le règlement est entré en vigueur le 3 mars lors de sa signature.

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Le gouvernement n’a donné aucune autre explication. Dans la pratique diplomatique, tant la déclaration de persona non grata que le retrait d’un ambassadeur sont considérés comme un signe clair d’une grave tension sur les relations bilatérales.

Ces mesures interviennent quelques jours avant la rencontre de Noboa avec le président américain Donald Trump à Miami. Une réunion au sommet de plusieurs chefs d’État et de gouvernement latino-américains doit y avoir lieu. Le gouvernement équatorien a approfondi ses liens avec Washington ces derniers mois et a soutenu la politique étrangère américaine, notamment dans le cadre de l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro.

Ces derniers jours, selon la page Facebook de l’ambassade de Cuba en Équateur et celle de l’ambassadeur Basilio Gutiérrez, des représentants de la délégation cubaine ont rencontré des groupes d’Équatoriens qui protestaient contre la politique des États-Unis à l’égard de Cuba.

L’Équateur a actuellement suspendu ses relations diplomatiques avec d’autres pays de la région. En 2024, après le déploiement des forces de police à l’ambassade du Mexique à Quito, les liens avec le Mexique et le Nicaragua sont rompus. Les deux gouvernements ont alors annoncé des mesures diplomatiques. La décision concernant Cuba augmente le nombre d’États avec lesquels l’Équateur n’entretient pas de relations diplomatiques formelles.