Managua. À la fin de son discours à l’occasion du 47e anniversaire de la victoire de la révolution sandiniste, le coprésident du Nicaragua, Daniel Ortega, a déclaré qu’il n’y aurait plus d’élections dans le pays.
Dans son discours de près de 30 minutes, Ortega a d’abord parlé de l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro et du renforcement du blocus contre Cuba. Il a mis en garde contre la pensée : « Là où il n’y a pas de guerre, il y a la paix ».
Il a ensuite évoqué ce qui s’est passé au Nicaragua en 2018. À cette époque, « les entreprises ont annulé l’accord de paix afin de renverser le gouvernement élu ». Cela « a coûté du sang, des jeunes, des adultes et des enfants, des écoles ont été détruites et incendiées ». Des manifestations massives ont secoué le pays en 2018. Les médias d’opposition ont parlé de répression des manifestations pacifiques. Les médias proches du parti au pouvoir, le FSLN, ont en revanche imputé aux membres de l’opposition les attaques contre les installations gouvernementales et leurs partisans et ont parlé d’une tentative de coup d’État.
« Après avoir vaincu les putschistes, nous avons continué à travailler en faveur des pauvres, à organiser la terre pour les agriculteurs et à créer des écoles et des universités gratuites par la loi », a poursuivi Ortega. Puis sont venues les déclarations qui sont considérées dans de nombreux médias du monde entier comme un « durcissement du gouvernement autocratique » : « Ils veulent gagner les élections pour faire bouger les choses dans les écoles. Ils peuvent oublier cela. Les élections ne reviendront pas ici. Du moins pas pour qu’ils puissent tenter de prendre le pouvoir.
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Ortega a également annoncé qu’il travaillerait avec l’Assemblée nationale et les organisations concernées « pour construire un bloc, un mur contre les putschistes, contre ceux qui vendent la patrie ».
Divers médias ont repris lundi les déclarations sur les élections et les ont considérées comme une preuve du comportement autoritaire du gouvernement du Nicaragua. De nombreux médias avaient déjà qualifié les élections de 2021 de ni libres ni équitables.
Début 2025, une réforme constitutionnelle est également entrée en vigueur, qui a officiellement nommé l’épouse d’Ortega et ancienne vice-présidente Rosario Murillo coprésidente. Les critiques y ont vu une nouvelle tentative de concentrer le pouvoir entre les mains du couple.
Les Nations Unies et de nombreuses organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, accusent depuis des années le gouvernement de violations systématiques des droits humains.