Pour le bien de l’environnementLa France ferme trois réacteurs nucléaires en raison de la canicule
La canicule extrême contraint la France à arrêter ou à réduire la puissance de plusieurs réacteurs nucléaires. Une eau de refroidissement moins chauffée devrait être déversée dans les rivières et la mer. Mais les besoins en refroidissement des réacteurs augmentent en réalité à cause de la chaleur.
En raison de la canicule massive qui frappe la France, trois réacteurs nucléaires sont désormais à l’arrêt. Les centrales nucléaires concernées sont celles du Bugey près de Lyon sur le Rhône, de Nogent-sur-Seine à l’ouest de Paris et de Golfech dans le sud du pays. La raison en était « les conditions environnementales », a expliqué l’exploitant de la centrale électrique, EDF. Il s’agit notamment de garantir que l’eau de refroidissement des réacteurs n’augmente pas encore la température des rivières déjà réchauffées par la canicule.
En raison de la canicule, EDF a également réduit la production de deux autres réacteurs. Les 57 centrales nucléaires françaises sont toutes construites sur des rivières ou en bord de mer pour utiliser l’eau pour refroidir les réacteurs.
Lors de canicules, il arrive régulièrement que certains réacteurs soient arrêtés pour protéger les eaux. Jusqu’à présent, cela ne représente que 0,3 pour cent de la production. Les experts estiment que les pertes dues aux vagues de chaleur exacerbées par le changement climatique pourraient atteindre 1,4 % de la production totale d’ici 2035.
La baisse de la production d’énergie nucléaire affecte également les pays voisins. Selon les données du gestionnaire de réseau RTE, les exportations françaises d’électricité sont tombées mercredi après-midi à environ trois gigawatts, après avoir été de dix à douze gigawatts la semaine précédente. En conséquence, les prix du marché spot de l’électricité en France et en Allemagne ont atteint mardi leur plus haut niveau depuis la mi-janvier 2025.
Pire encore, la demande de refroidissement augmente en raison de la chaleur, alors que dans le même temps, la production d’énergie éolienne est faible, explique Nathalie Gerl, analyste au LSEG. Des centrales électriques au gaz naturel plus coûteuses devraient donc intervenir. Toutefois, cette semaine a été une exception, car le marché de l’électricité était par ailleurs régulièrement excédentaire en été.