Visite de Modi en Israël : l’Inde et Israël approfondissent leur partenariat stratégique

Alors que le Premier ministre indien Narendra Modi entame mercredi sa visite d’État de deux jours à Tel Aviv, il est accueilli à l’aéroport par son homologue israélien Benjamin Netanyahu. Un geste qui en souligne l’importance : Modi est non seulement le premier chef de gouvernement indien à s’adresser à la Knesset, mais il a également été le premier à se rendre en Israël en 2017.

Il a décrit la médaille de la Knesset, qu’il a reçue mercredi, comme un symbole de l’amitié entre les deux pays. « L’avenir appartient à ceux qui innovent », a déclaré Netanyahu lors de la conférence de presse conjointe jeudi. Les deux pays sont de « fières civilisations anciennes » déterminés à « façonner les choses ensemble ». (Les deux États ont présenté leur partenariat comme une alliance de deux États traditionnels.)

Netanyahu et Modi ne sont pas seulement unis par leur troisième mandat, mais également par un style politique fortement axé sur la sécurité et l’orientation nationale. Sous la direction du politicien nationaliste hindou Modi, Israël et l’Inde, qui ont établi des relations diplomatiques complètes en 1992, ont approfondi leur coopération. Le commerce bilatéral est passé d’environ 200 millions de dollars à un sommet de plus de 10 milliards de dollars en 2022-23 avant de décliner à 3,6 milliards de dollars en raison de la guerre.

Collaborations indo-israéliennes

L’Inde affiche un excédent commercial depuis 2014. Les exportations indiennes les plus importantes comprennent les produits pétroliers et les diamants. La coopération s’est développée notamment dans les domaines de la défense, de la technologie, de l’agriculture et de la mobilité de la main-d’œuvre.

La zone de défense est considérée comme la pierre angulaire. L’Inde est l’un des plus gros acheteurs d’équipements de défense israéliens. Outre la situation politique, la gestion de l’eau, l’agriculture, les travailleurs qualifiés et un éventuel accord de libre-échange ont été discutés. Enfin, les deux parties ont signé plusieurs accords, dont un accord visant à faciliter les transferts transfrontaliers.

Les deux chefs de gouvernement se sont présentés symboliquement avec une photo ensemble sur la banquette arrière de la voiture, qui fait presque partie du répertoire diplomatique de Modi. Un rituel qui signale une proximité démonstrative, comme lors de précédentes rencontres avec les chefs d’État et de gouvernement Vladimir Poutine, Emmanuel Macron ou Friedrich Merz.

Rencontre avec la diaspora

Modi a également rencontré des représentants de la diaspora juive-indienne et indienne. Depuis le 7 octobre, le nombre de travailleurs indiens en Israël a augmenté pour compenser le manque de travailleurs palestiniens dans le secteur de la construction. En octobre 2024, environ 32 000 travailleurs indiens et environ 900 étudiants vivaient dans le pays. Cette visite intervient une semaine après une initiative de l’ONU au cours de laquelle l’Inde, l’Allemagne et plus de 100 pays ont exprimé leurs critiques à l’égard des actions d’Israël en Cisjordanie.

Delhi était initialement hésitante, mais a rejoint le soutien traditionnel à un État palestinien. Les critiques de sa visite sont venues sporadiquement de la part de la société civile et du parti d’opposition du Congrès. Dans son discours au Parlement mercredi, Modi a condamné les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 et a souligné : « L’Inde se tient fermement aux côtés d’Israël en ce moment et au-delà ». Dans le même temps, il s’est dit préoccupé par les pertes civiles à Gaza et a réitéré son soutien à une solution à deux États.

Malgré sa proximité stratégique croissante avec Israël et ses liens avec les États-Unis, Delhi continue d’entretenir des contacts avec l’Iran. Des relations stables avec les États du Golfe sont également importantes pour l’Inde. Les observateurs y voient un exercice d’équilibre en matière de politique étrangère : d’un côté, l’Inde veut montrer qu’elle reste attachée au partenariat avec Israël tout en essayant de protéger ses priorités au Moyen-Orient.