République démocratique du Congo : une attaque de drone éclipse les nouveaux pourparlers de paix

Si les informations sont exactes, la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo entre le gouvernement et la coalition rebelle AFC/M23 (Alliance du Congo/Mouvement du 23 mars) s’est brusquement étendue. Le gouvernement provincial local a rapporté lundi que huit drones kamikaze avaient été repoussés avec succès avant de pouvoir atterrir à l’aéroport de la ville congolaise de Kisangani. Kisangani est située à plusieurs centaines de kilomètres de la zone du M23.

Les drones de combat, équipés d’explosifs, ont été interceptés à l’approche de l’aéroport international situé à l’extérieur de la ville dans la nuit de samedi à dimanche. Selon le porte-parole du gouvernement provincial, ces attaques reflètent « la volonté du Rwanda de saboter les efforts diplomatiques en cours ». Il appelle à « une action plus décisive » contre le Rwanda, qui soutient les rebelles du M23.

Il n’a pas encore été confirmé que les drones de combat ont été tirés depuis le Rwanda. Les rebelles du M23 à l’est de la RD Congo ne veulent pas non plus faire de commentaires à ce sujet au . Même le gouvernement congolais de la capitale Kinshasa semble manifestement silencieux.

Toutefois, la prétendue attaque contre l’aéroport de la ville de Kisangani doit être considérée comme un coup de semonce. Il y a environ 500 kilomètres à vol d’oiseau entre la frontière rwandaise et Kisangani, sur les rives du Congo, au cœur de la vaste RD Congo.

Point de départ des attaques contre les rebelles

Les avions de combat et les drones de combat de l’armée congolaise sont stationnés à l’aéroport de Kisangani depuis environ un an. De là, des pilotes congolais et algériens mènent des attaques contre les positions du M23, dans l’est du pays. Ce ne serait pas un hasard si cet arsenal militaire se retrouvait dans la ligne de mire des attaques ennemies.

Le moment choisi pour ces attaques n’est pas non plus une coïncidence. Depuis samedi, le gouvernement congolais et l’AFC/M23 négocient à nouveau à Doha, la capitale du Qatar, où ils ont signé un premier accord-cadre en novembre dernier. Le ministère des Affaires étrangères du Qatar, médiateur des pourparlers, a annoncé lundi que les deux parties étaient convenues d’envoyer une mission d’observation neutre pour contrôler le respect du cessez-le-feu.

Le document signé par les négociateurs des deux côtés est à la disposition du . Ainsi, la mission d’observation sera composée de représentants de la mission de l’ONU au Congo, de l’Union africaine (UA) et de l’organisation régionale CIRGL (Conférence internationale des Grands Lacs) et sera accompagnée de trois représentants chacun du M23 et du gouvernement congolais. Ils seront d’abord stationnés dans la ville d’Uvira, à l’est du Congo, à la frontière avec le Burundi.

La ville frontalière d’Uvira comme cas test

Uvira a été capturée par le M23 en décembre, peu après la signature d’un traité de paix entre les présidents de la RD Congo et du Rwanda à Washington sous le patronage du président américain Donald Trump. Le cessez-le-feu convenu a été à nouveau violé quelques jours plus tard par l’attaque d’Uvira, qui a provoqué la colère des États-Unis.

Lorsque les rebelles ont évacué Uvira en janvier sous la pression des États-Unis et se sont retirés dans les collines environnantes, ils ont demandé le stationnement d’une force neutre pour protéger la population. Cela ne s’est pas produit. Les milices locales sont arrivées et il y a eu des abus et des pillages. La situation à Uvira reste aujourd’hui tendue, malgré la présence d’unités militaires congolaises.

Une présence militaire neutre pourrait aider. Mais il faut du temps pour que cela avance. Le nouvel accord prévoit un délai de préavis de 30 jours. D’ici là, il reste encore de nombreux détails à clarifier – et les attaques militaires contre des cibles stratégiques peuvent créer des faits.