Le politicien de gauche Iván Cepeda est en tête des sondages électoraux en Colombie

Bogotá. Le sénateur colombien Iván Cepeda, connu internationalement pour son engagement en faveur des droits de l’homme et de la justice transitionnelle, est en tête des sondages pour l’élection présidentielle du 31 mai 2026. La dernière enquête du Centro Nacional de Consultoría (CNC) confirme non seulement cette tendance, mais montre également une nouvelle consolidation de son soutien : Cepeda a obtenu environ 35 pour cent des voix et a creusé l’écart avec des concurrents tels qu’Abelardo de la Espriella et Claudia López dans une campagne politique. un champ qui reste fragmenté et avec une forte proportion d’électeurs indécis.

Cepeda se présente comme candidat de l’alliance de gauche Pacto Histórico, qui a porté Gustavo Petro à la présidence en 2022 et souhaite désormais approfondir les réformes sociales, fiscales et de paix. Petro ne peut pas se représenter ; le mandat est limité à un seul mandat.

Cependant, la campagne de Cepeda subit une pression politique importante. Le Conseil national électoral (CNE) l’a exclu de la primaire multipartite de gauche du 8 mars 2026. Le CNE a justifié cette décision par sa précédente participation à une consultation interne. Une nouvelle candidature dans une procédure similaire n’est donc pas possible. Cepeda a alors dû s’inscrire directement au premier tour des élections. Les milieux gouvernementaux ont critiqué cette décision comme une interprétation restrictive qui affaiblirait l’unité progressiste.

Parallèlement, Cepeda est exposée à des campagnes de diffamation ciblées. À Cali, des banderoles et des publications sur les réseaux sociaux sont apparues le décrivant comme « l’héritier des FARC ». Il a rejeté ces allégations. Selon les médias, cette action aurait été publiquement liée au militant politique Jaime Arizabaleta, proche des milieux de droite. L’entourage de Cepeda y voit un exemple de soi-disant « campagnes noires » visant à l’associer à l’ancienne guérilla, même si sa carrière politique se caractérise principalement par la représentation des victimes du conflit armé et des poursuites judiciaires contre le paramilitarisme. Cepeda est également l’un des avocats des victimes du procès contre l’ex-président Álvaro Uribe.

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Le conflit a atteint une dimension internationale lorsque Cepeda a annoncé qu’il allait porter plainte auprès de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH). Il affirme que tant la décision du conseil électoral que les campagnes de stigmatisation pourraient violer ses droits politiques et le principe de l’égalité des chances dans la campagne électorale. L’appel à une instance internationale souligne le sérieux avec lequel sa campagne considère les événements.

Le président Gustavo Petro a également exprimé ses inquiétudes quant à l’intégrité du processus électoral. Il a appelé à des audits techniques indépendants du logiciel pour le décompte préliminaire et final des votes et a expliqué que le simple accès public au code source sans audit externe préalable ne suffit pas à garantir la transparence. Le débat porte également sur les questions liées à l’impartialité des autorités électorales. La campagne de Cepeda met en évidence les controverses autour du fonctionnaire Hollman Ibáñez, dont le travail antérieur à la Registraduría et la prétendue proximité politique avec les cercles autour d’Abelardo de la Espriella soulèvent, selon eux, des doutes sur la neutralité institutionnelle.

Ces tensions politiques se manifestent dans un contexte de détérioration de la situation sécuritaire. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a indiqué que le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays en Colombie a augmenté de 85 pour cent en 2025 par rapport à l’année précédente, pour atteindre environ 94 000 personnes touchées. On a également constaté une augmentation des assassinats de défenseurs des droits humains et des séquestrations forcées par des groupes armés illégaux. Dans ce climat de polarisation, de controverse institutionnelle et de crise humanitaire, les élections de 2026 sont considérées comme un test crucial pour la stabilité démocratique de la Colombie et la confiance de la population dans l’intégrité du processus électoral.