L’UE souhaite donner la préférence à l’industrie européenne lors de l’attribution des marchés publics. La Chambre de commerce chinoise se voit ignorée.
AFP | La Chambre de commerce chinoise de Bruxelles a critiqué les projets de spécifications « Made in Europe » pour des produits tels que les cellules solaires et les voitures électriques. Les projets de la Commission européenne pourraient « signaler une incertitude aux investisseurs » et avoir des « implications considérables » sur les relations commerciales entre l’UE et la Chine, a prévenu jeudi la Chambre de commerce. La Commission européenne souhaite utiliser ces lignes directrices pour donner à sa propre industrie un avantage face à la concurrence chinoise.
Bruxelles a proposé mercredi que dans les appels d’offres publics ou les financements gouvernementaux, une proportion minimale de composants d’un soumissionnaire doive provenir de l’UE ou de ses pays partenaires. Cela s’appliquerait par exemple aux projets de construction ou à une prime à l’achat de voitures électriques. La Chambre de commerce chinoise a critiqué le fait que la Chine – contrairement à la Grande-Bretagne ou au Japon – ne fait pas partie des partenaires commerciaux pouvant recevoir le label « Made in Europe ».
Les nouvelles règles pour les investissements en provenance de pays tiers dans l’UE constituent également une épine dans le pied des entreprises chinoises. La Commission veut empêcher les entreprises chinoises de simplement délocaliser leurs usines en Europe en réponse aux quotas « Made in Europe ». Elle a donc suggéré que des conditions strictes s’appliquent aux investissements étrangers dans la production de batteries, de voitures électriques, de cellules solaires et dans l’extraction de matières premières en Europe.
Cela devrait s’appliquer aux investissements d’une valeur supérieure à 100 millions d’euros si le pays d’origine détient une part de plus de 40 pour cent du marché mondial du produit en question. Dans les secteurs évoqués, cette réglementation affecte clairement la Chine. Cela crée « des obstacles aux gros investissements », a expliqué la Chambre de commerce.
La Chambre de Commerce appelle au volontariat entrepreneurial
Selon les propositions de Bruxelles, plus de la moitié des employés du nouveau site viendront de l’Union européenne. D’autres conditions concernent la proportion de participation étrangère, les dépenses de recherche et de développement et le traitement des brevets. La Chambre de Commerce a exigé que ces décisions soient « fondées sur le volontariat entrepreneurial » et non sur des règles juridiques.
Le commissaire européen à l’Industrie, Stéphane Séjourné, a justifié ses propositions, entre autres, par l’approche chinoise elle-même : Pékin préfère traditionnellement ses propres entreprises dans les appels d’offres publics. Les investissements des entreprises européennes ne sont généralement autorisés que dans le cadre de coentreprises avec des entreprises chinoises, et les dirigeants chinois imposent également des exigences strictes en matière de brevets.
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