Le gouvernement vénézuélien se mobilise contre les sanctions et les États-Unis envoient un envoyé

Caracas. Au Venezuela, le gouvernement a lancé une mobilisation nationale appelée « Grand pèlerinage national » appelant à la fin des sanctions économiques américaines. La campagne a débuté simultanément dans plusieurs États le 19 avril pour marquer le 216e anniversaire de la Déclaration d’indépendance du Venezuela. Elle combine des rassemblements politiques, des événements culturels et un symbolisme religieux dans une mobilisation de plusieurs semaines qui devrait se terminer le 30 avril dans la capitale Caracas.

« Nous voulons un Venezuela exempt de sanctions afin qu’il puisse croître sans restrictions », a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodríguez lors d’une manifestation dans l’État de Zulia, à l’ouest du pays. Son frère, le président du Parlement Jorge Rodríguez, a appelé à la « défense spirituelle et nationale » de l’indépendance du Venezuela lors d’un événement à Puerto Ayacucho, dans la région rurale de l’Amazonie.

Lors des événements, de nombreux représentants du gouvernement ont souligné l’impact significatif des mesures économiques coercitives sur les conditions de vie de la population. Des analyses et des rapports internationaux, notamment ceux émanant de rapporteurs spéciaux de l’ONU et d’organisations de défense des droits de l’homme, soulignent depuis des années les graves effets des sanctions américaines. Il s’agit notamment de recettes d’exportation considérablement réduites, de problèmes d’approvisionnement en médicaments et en matériel médical, ainsi que d’une détérioration des services publics tels que l’électricité, l’eau et les soins de santé.

La campagne gouvernementale actuelle a également reçu le soutien de certains partis d’opposition modérés, comme l’Alliance démocratique dirigée par le député Timoteo Zambrano, qui a souligné que le concept religieux de « pèlerinage » avait un effet unificateur entre différents groupes de population.

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La « réconciliation nationale » était également l’objectif déclaré de la loi dite d’amnistie adoptée par le parlement vénézuélien en février. Jeudi, Delcy Rodríguez a déclaré la fin de l’application de l’amnistie et a annoncé à la place une réforme judiciaire globale. L’objectif est de « moderniser » le droit pénal vénézuélien et de « l’adapter aux traités internationaux ».

Dans son évaluation de l’application de la loi d’amnistie, Rodríguez a souligné qu’au total, environ 12 000 personnes ont demandé l’amnistie. Dans un peu plus de 8 600 cas, les personnes concernées ont été libérées. Rodríguez y voit une « étape décisive » vers « l’harmonie politique » et moins de polarisation.

Sur le plan diplomatique, le Venezuela a accueilli cette semaine le nouveau chargé d’affaires de l’ambassade américaine à Caracas, John Barrett. Le diplomate de carrière, qui a occupé auparavant des postes diplomatiques au Panama, au Brésil et au Guatemala, est arrivé jeudi au Venezuela. Il remplace Laura Dogu, qui a dirigé la réouverture de l’ambassade américaine dans le cadre du rapprochement diplomatique suite à l’attaque militaire américaine et à l’enlèvement du président Nicolas Maduro.