Petite révolution des écouteursAnker produit un nouveau type de puce IA, AINSI, à Dresde
L’entreprise chinoise Anker annonce qu’elle produira des puces d’IA auto-développées à Dresde ; l’entrepreneur pourrait être FMC, une entreprise basée là-bas. Les puces THUS, réputées particulièrement efficaces grâce à une nouvelle architecture, seront utilisées dans un premier temps dans des écouteurs et des casques.
Anker Innovations a été fondée en 2011 par Steven Yang. L’entreprise chinoise basée à Shenzhen s’est d’abord concentrée sur les solutions de batteries et les accessoires USB, avec lesquels elle a connu un grand succès. Anker est aujourd’hui une entreprise multinationale et produit désormais, entre autres, des appareils audio et électroménagers ainsi que des centrales électriques pour balcon et des solutions de stockage sous les marques Soundcore, Eufy et Solex.
Usine à Dresde
La société a maintenant annoncé de manière surprenante qu’elle produirait à Dresde sa première puce d’IA auto-développée, l’Anker THUS. Il sera utilisé dans un premier temps comme une solution particulièrement compacte et efficace dans les écouteurs et casques audio ; à long terme, l’entreprise prévoit également d’en équiper d’autres accessoires mobiles et appareils Internet des objets (IoT). Le nom révèle également que la puce est destinée à un usage audio. Selon Anker, cela vient de l’idiome bouddhiste « Ainsi ai-je entendu ».
Le libellé vise également à représenter la transmission directe du savoir-faire, ce qui à son tour fait allusion à la nouvelle architecture utilisée, car les informations sont également transmises directement sur la puce. Cela représente une petite révolution.
Jusqu’à présent, les choses se sont bien passées séparément
Depuis environ 80 ans, les puces modernes reposent sur une architecture inventée en 1945 par le mathématicien John von Neumann. Leur principe de base : décomposer les problèmes en étapes individuelles, les traduire en code et les exécuter les unes après les autres. Cette logique séquentielle présente un avantage décisif : seule une petite partie du code est exécutée à un instant donné.
La mémoire et le processeur fonctionnent physiquement séparément l’un de l’autre : les programmes sont stockés en mémoire. Le CPU (Central Processing Unit) récupère une instruction à la fois, la traite et passe à la suivante. Depuis des décennies – des mainframes aux ordinateurs de bureau en passant par les centres de données – ce modèle a joué un rôle déterminant dans le développement des ordinateurs modernes.
Faire des allers-retours demande beaucoup d’énergie
Cependant, cette architecture est réellement compatible avec les puces IA. Un réseau neuronal ne décompose pas un problème en étapes individuelles, mais le traite de bout en bout, accédant simultanément à des millions, voire des milliards de paramètres appris. Pour chaque requête, ces paramètres se déplacent entre la mémoire et le processeur. Dans le data center, il s’agit avant tout d’une dépense technique et énergétique. Dans les écouteurs, par exemple, qui doivent se contenter d’une batterie plus petite qu’un ongle, c’est précisément ce transport de données qui devient un problème central, car il consomme une grande partie de l’énergie utilisée. Il ne reste pratiquement plus de place en termes de puissance de calcul réelle.
Steven Yang, fondateur d’Anker Innovations, le décrit ainsi : « Chaque puce d’IA construite à ce jour stocke le modèle d’un côté et exécute le calcul de l’autre. Pour réfléchir, l’appareil doit déplacer ces paramètres plusieurs fois par seconde pour chaque requête. » L’architecture THUS, quant à elle, amène la puissance de calcul là où se trouve le modèle d’IA.
Calculs directement en mémoire
La puce Anker stocke et traite les informations au même endroit, ce qui signifie que les paramètres du modèle ne sont pas constamment déplacés entre une mémoire et un processeur physiquement séparés. Pour rendre cela possible, la puce intègre la puissance de calcul dans des cellules de mémoire flash dites NOR.
Ce sont des transistors spéciaux (grilles flottantes) capables de stocker une charge électrique et ainsi de conserver leur état logique, même sans électricité. Les cellules sont connectées de telle manière que vous pouvez lire chacune directement. Cela rend le flash NOR particulièrement adapté à l’exécution de programmes directement à partir de la mémoire. Les systèmes conventionnels utilisent la RAM, qui ne stocke les données que de manière éphémère.
Extrêmement compact
L’énergie qui serait autrement utilisée pour le transfert de données entre la mémoire et le processeur peut être injectée dans la puissance de calcul ou être stockée dans la puce THUS. En même temps, l’architecture est particulièrement compacte. Selon Anker, la puce ne nécessite qu’un sixième de l’espace physique occupé par les systèmes traditionnels avec mémoire et processeur partagés.
Cela rend la puce idéale pour les petits appareils tels que les écouteurs. Malgré sa petite taille, il devrait fournir plus de puissance de calcul tout en consommant moins d’énergie. Anker souhaite entre autres améliorer considérablement la suppression active du bruit ambiant dans ses écouteurs et casques Soundcore. L’une des fonctions de la puce THUS est « Clear Calls », qui vise à élever la qualité vocale des appels téléphoniques dans des environnements bruyants à un nouveau niveau.
Anker présentera les premiers appareils le 21 mai
Ce n’est évidemment pas une chose du futur. Car le 21 mai, l’entreprise souhaite présenter d’autres fonctions THUS avec les produits correspondants. On ne sait toutefois pas si la production finale des puces a déjà commencé à Dresde. Anker n’a pas encore commenté ce sujet. L’entreprise garde également secret l’identité du partenaire allemand. Selon les rumeurs, il pourrait s’agir de la Dresden Ferroelectric Memory Company (FMC). Cependant, « Halle Spektrum », entre autres, a rapporté que le fabricant envisageait d’ouvrir une usine près de Magdebourg.