Le Venezuela et la Guyane devant les tribunaux pour le conflit d’Esequibo

La Haye. Des audiences sur le conflit territorial qui dure depuis des décennies entre le Venezuela et la Guyane à propos de la région d’Esequibo sont actuellement en cours à la Cour internationale de Justice de La Haye. Les deux États ont présenté leurs arguments à quatre dates entre le 4 et le 11 mai.

Le Venezuela a envoyé à La Haye une délégation conduite par le ministre des Affaires étrangères Yvan Gil et la présidente par intérim Delcy Rodríguez, mais continue de souligner qu’il ne reconnaît pas la compétence de la Cour. Selon le gouvernement vénézuélien, seule une solution politique négociée peut conduire à un voisinage stable entre les deux pays. Rodríguez a déclaré qu’aucune décision de la Cour ne serait en mesure de créer une solution acceptable pour les deux parties. Le Venezuela fait référence aux Accords de Genève de 1966 qui, du point de vue de Caracas, remettent en question la sentence arbitrale de Paris de 1899 et prévoient des négociations entre les deux États. Le Venezuela a également fait valoir que le territoire lui avait été retiré en 1899 à la suite d’un processus d’arbitrage défectueux.

La Guyane, quant à elle, est favorable à une solution juridique et pacifique par le biais de la Cour internationale de Justice. Le gouvernement de Georgetown considère la compétence de la Cour comme cruciale pour résoudre le conflit. La Guyane souligne que la frontière actuelle a été confirmée par un tribunal d’arbitrage international en 1899. Le ministère des Affaires étrangères a déclaré que sa position reposait sur des fondements et des principes historiques tels que le caractère contraignant des sentences arbitrales, la stabilité des frontières et le respect de l’État de droit. Les représentants du Guyana accusent également le Venezuela de vouloir éviter un éventuel verdict en rejetant le tribunal.

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La région d’Esequibo, d’une superficie d’environ 160 000 kilomètres carrés, couvre plus des deux tiers du territoire national du Guyana. La région est peu peuplée et abrite de nombreux peuples autochtones. Outre les forêts et les terres agricoles, la région possède d’importants gisements d’or et de réserves de pétrole. Le conflit s’est particulièrement intensifié depuis 2015 après que la société ExxonMobil a découvert d’importants gisements de pétrole offshore.

Récemment, les tensions diplomatiques ont continué de s’intensifier. Après que l’Assemblée nationale vénézuélienne a adopté un référendum pour créer l’État de Guyane Esequibo en 2024, la Guyane l’a décrit comme une « menace existentielle » pour le pays. À l’époque, la Cour internationale de Justice avait demandé au Venezuela de ne prendre aucune mesure susceptible de modifier la situation existante dans la région.

La Guyane a critiqué, entre autres, les apparitions publiques de Rodríguez avec une épingle représentant Esequibo comme faisant partie du Venezuela. Le président Irfaan Ali a décrit ces symboles comme une tentative de normaliser les revendications territoriales au cours du processus en cours. Rodríguez a répondu que c’était la seule carte officielle du Venezuela qu’elle connaissait.