Se détourner de Moscou : le parti pro-occidental est clairement en avance en Arménie

Se détourner de MoscouLe parti pro-occidental est clairement en avance en Arménie

Le Premier ministre arménien pro-occidental Pashinyan vote. (Photo : photo alliance / TASS)

Après une journée électorale mouvementée en Arménie, le président sortant pro-occidental dispose d’une nette majorité. Selon les premiers décomptes, le parti pro-russe semble avoir été vaincu. Mais se détourner du pouvoir protecteur de Moscou est un exercice d’équilibre pour le pays.

Hier soir, le Premier ministre Nikol Pashinyan s’est déclaré vainqueur des élections législatives en Arménie. Selon la commission électorale, son parti « Contrat civil », qui veut se tourner davantage vers l’Ouest, a obtenu dimanche soir 54,5 pour cent des voix après un dépouillement dans un bon cinquième des bureaux de vote. Pashinyan a parlé d’une « victoire historique » lors d’une conférence de presse tôt le matin. En deuxième position se trouve le parti pro-russe « Arménie forte » avec 21,9 pour cent. L’« Alliance arménienne » suivait avec 8,7 pour cent et le parti « Arménie fleurie » avec environ 5 pour cent.

Le taux de participation électorale dans ce pays d’environ trois millions d’habitants était légèrement inférieur à 59 pour cent. L’annonce officielle des résultats préliminaires est attendue plus tard lundi.

Il s’agit des premières élections parlementaires en Arménie depuis sa défaite militaire face à l’Azerbaïdjan en 2023. Elles sont considérées comme un test de l’ambition de Pashinyan d’approfondir les liens avec l’Occident et de parvenir à un accord de paix avec l’Azerbaïdjan après des années de conflit et de troubles politiques. Il s’éloigne également de plus en plus de la Russie, puissance protectrice traditionnelle.

L’Union européenne cherche à exercer une influence dans la région. Cependant, l’opposition et les groupes de défense des droits de l’homme accusent Pashinyan d’avoir un style de leadership autoritaire. Des dizaines d’opposants au gouvernement ont été arrêtés, dont des alliés de son challenger Samvel Karapetyan. Il est assigné à résidence pour avoir appelé à un coup d’État.

Moscou menace d’arrêter le pétrole et le gaz

Les sondages avant les élections donnaient au parti de Pashinyan environ 30 pour cent des voix. Son principal concurrent, le milliardaire russo-arménien Karapetyan, qui promeut des relations plus étroites avec Moscou, se situe entre 6 et 11 pour cent.

Pour Pashinyan, se détourner de la Russie serait un exercice d’équilibre. L’Arménie réalise environ un tiers de son commerce extérieur avec la Russie et dépend de Moscou pour son approvisionnement énergétique. Ces dernières semaines, la Russie a accru la pression : Moscou a restreint les exportations arméniennes et a menacé de suspendre les livraisons de gaz et de pétrole bon marché.

Le jour du scrutin lui-même a été parfois mouvementé. L’opposition pro-russe s’est plainte de l’arrestation de plus de 100 de ses partisans. Les autorités ont justifié leur action contre les partisans de Karapetjan par des soupçons de tentative d’achat de voix.