Buenos Aires. Les syndicats d’enseignants et les dockers organisent cette semaine une nouvelle vague de protestations contre le président Javier Milei. Ils accusent le gouvernement de la perte de pouvoir d’achat, du sous-financement de l’éducation publique, de la déréglementation du marché du travail et des réformes qui, selon eux, démantelent les acquis sociaux des dernières décennies.
L’escalade des conflits sociaux coïncide avec une nouvelle intensification du discours présidentiel. Dans une interview télévisée, Milei a déclaré qu’il y avait « des terroristes déguisés en étudiants, journalistes, professeurs et scientifiques », déclenchant de vives critiques de la part de l’opposition, des syndicats et des associations universitaires.
L’un des points focaux du conflit est l’éducation. L’association des travailleurs de l’éducation CTERA a appelé à une grève nationale et a accusé le gouvernement de refuser la négociation collective et de ne pas avoir réintroduit le fonds des enseignants (FONID). Cette subvention salariale a été supprimée par le gouvernement Milei en 2024.
Par ailleurs, les syndicats réclament une nouvelle loi sur le financement de l’éducation et un financement accru des écoles et des cantines scolaires. Ils affirment que les salaires des enseignants ont perdu un pouvoir d’achat important face à l’inflation et que les coupes budgétaires dans l’éducation vont se poursuivre.
Dans une déclaration commune, les organisations d’enseignants soulignent que « les salaires des enseignants ne durent plus jusqu’à la fin du mois ». Ils ont également critiqué l’annulation du FONID et d’autres fonds destinés au système éducatif ainsi que les projets visant à « restreindre les droits au travail et à la retraite ainsi que le droit social à l’éducation ».
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Le mouvement d’opposition Multicolore au sein du syndicat des enseignants SUTEBA s’est exprimé encore plus vivement. « Les enseignants de tout le pays font grève et se mobilisent pour repousser l’offensive anti-éducation du gouvernement Milei (…), qui a plongé l’enseignement public dans un état de détresse absolue », ont déclaré leurs représentants.
Les protestations se sont désormais également étendues au secteur portuaire. Pilotes, bateliers et navigateurs fluviaux ont paralysé les principaux ports du pays pour protester contre le décret 690/2026, par lequel le gouvernement veut déréguler le service de pilotage. Selon les syndicats, la réforme entraînera un emploi plus flexible, des exigences professionnelles moindres et mettra en danger la sécurité du transport maritime et la sécurité de l’emploi. Ils accusent également le gouvernement d’avoir menacé de sanctions pénales plus de 500 travailleurs par l’intermédiaire de la préfecture navale s’ils ne mettaient pas fin à la grève. Ils y voient une tentative de criminaliser le droit de grève.
Les manifestations devraient se poursuivre et atteindre leur paroxysme sous le slogan « Tierra, Techo y Trabajo » (« Sol, Toit, Travail »). Les manifestants s’opposent entre autres à un projet de loi du gouvernement qui faciliterait la vente des terres rurales aux capitaux étrangers et qui, selon les organisateurs, mettrait en danger la souveraineté du pays.
Les déclarations désobligeantes de Milei envers les étudiants, les enseignants et les professionnels des médias exacerbent encore le conflit. Le gouverneur de la province de Buenos Aires, Axel Kicillof, a accusé le gouvernement de tenter de délégitimer les protestations sociales par la stigmatisation. Après 30 mois de mandat, les politiques économiques du gouvernement ont entraîné la perte de 300 000 emplois et la fermeture de 26 000 entreprises. Selon l’homme politique péroniste, le gouvernement tente de faire avancer ses réformes en faisant pression sur les gouvernements provinciaux, tout en approfondissant un modèle économique qui profite principalement aux minorités privilégiées.