Washington/Montevidéo. Le gouvernement du président américain Donald Trump négocie avec l’Uruguay l’admission de ressortissants cubains. Les personnes en question devraient être expulsées des États-Unis, mais ne peuvent pas être renvoyées directement à Cuba. Selon le New York Times, les deux pays envisagent de conclure un accord correspondant. Les responsables du gouvernement uruguayen n’ont parlé au journal que sous couvert d’anonymat à propos des négociations.
Pour Washington, la recherche de pays tiers fait partie de son régime d’expulsion, que les experts qualifient de raciste. Depuis l’arrivée au pouvoir de l’administration Trump, les options offertes aux migrants dont le statut d’immigration est précaire ont été considérablement limitées. Sont également concernés les Cubains qui sont entrés aux États-Unis ces dernières années dans le cadre de divers programmes humanitaires, mais aussi ceux qui vivent et travaillent aux États-Unis depuis de nombreuses années.
Selon les estimations, environ 600 000 Cubains pourraient être touchés. Beaucoup d’entre eux bénéficient d’un statut de protection temporaire ou d’un permis de séjour temporaire. Si cette protection devait cesser, ils risqueraient fondamentalement d’être expulsés. Cependant, un « rapatriement » massif vers Cuba est difficile car le gouvernement cubain n’accepte le retour de ses propres citoyens que dans une mesure limitée.
C’est pourquoi Washington s’efforce de plus en plus de conclure des accords avec des pays tiers et exerce sur eux une pression correspondante. Des migrants cubains ont déjà été expulsés vers des pays africains. L’administration Trump avait organisé des vols d’expulsion vers Eswatini et le Soudan du Sud, entre autres. Les organisations de défense des droits de l’homme ont critiqué cette pratique car les personnes concernées sont souvent emmenées dans des pays avec lesquels elles n’ont aucun lien sans disposer de perspectives juridiques suffisantes.
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L’Uruguay pourrait désormais jouer un rôle particulier. Ce pays d’Amérique du Sud a acquis de l’expérience dans l’accueil de migrants ces dernières années et a besoin de main d’œuvre supplémentaire compte tenu de son évolution démographique. Dans le même temps, le gouvernement de Montevideo s’efforce d’entretenir de bonnes relations avec Washington. Selon le New York Times, l’acceptation des déportés cubains pourrait donc également être considérée comme faisant partie d’un échange politique plus large entre les deux pays.
Les pourparlers se déroulent dans le contexte d’un nouveau renforcement du blocus américain contre Cuba. Le secrétaire d’État Marco Rubio, lui-même fils d’immigrés cubains, a qualifié le gouvernement cubain de « régime illégitime » et a expliqué que le but de la politique américaine était de le priver des ressources financières avec lesquelles il entretient son « appareil répressif ».
Cependant, il n’est pas encore clair si l’Uruguay acceptera réellement les personnes faisant l’objet d’une procédure d’expulsion américaine. Les négociations en sont encore à leurs débuts, selon des sources proches du dossier.