Réforme constitutionnelle au Chili contre la criminalité et la violence liées à la drogue

Santiago du Chili. Le président chilien José Antonio Kast a signé un projet de réforme constitutionnelle visant à inscrire la sécurité publique comme un devoir de l’État dans la constitution. La réforme est considérée comme le début de son programme de lutte contre le crime organisé et le terrorisme (ACOT). Kast a signé le projet de loi lundi pour le présenter au Sénat plus tard cette semaine.

Le point clé est un nouvel « état d’urgence constitutionnel pour garantir la sécurité publique ». Cela permettrait au président de mener des interventions ciblées dans des quartiers ou des zones que le gouvernement estime contrôlés par des structures criminelles ou terroristes. Les forces armées sont censées soutenir la police dans la surveillance, la logistique et le contrôle périmétrique, c’est-à-dire dans la sécurisation des frontières extérieures des zones bouclées. Les autorités civiles devraient également se voir attribuer des pouvoirs supplémentaires. Ils pourraient restreindre la liberté de mouvement et de rassemblement, confisquer des biens et accéder aux données de télécommunications à des fins d’enquête.

La réforme prévoit également un registre national des organisations criminelles et terroristes. À l’avenir, les chefs de gangs seront placés dans des lieux de détention séparés et soumis à un isolement plus strict. La confiscation des avoirs des groupes criminels devrait également être facilitée. Selon l’agence de presse UPI, le programme de sécurité du gouvernement comprend au total plus de 30 projets de loi. Selon les médias chiliens, 19 d’entre eux ont déjà une urgence législative en référence au Secrétariat général du Président.

Le président d’extrême droite Kast, au pouvoir depuis mars 2026, a justifié la réforme par l’ampleur de la crise sécuritaire au Chili. Le gouvernement prend le pouvoir au milieu de « l’une des plus grandes crises sécuritaires de l’histoire récente du Chili », une crise qui s’étend au-delà d’un seul gouvernement en raison de l’existence de longue date du crime organisé et du terrorisme. Sans sécurité, il n’y a pas de liberté. Selon les mots de Kast : « Sans sécurité, même la démocratie est en danger, et nous l’avons constaté de manière dramatique dans d’autres pays. »

Aimez-vous ce que vous lisez?

Nous en sommes heureux. Soutenez notre travail. Des dons réguliers nous aident à pérenniser le projet Amerika21.

Le changement constitutionnel suscite des désaccords dans le camp gouvernemental de droite. Le sénateur et membre de la Commission de sécurité Andrés Longton (RN) l’a qualifié d’« acte plus symbolique » et a douté de l’utilité d’un nouvel état d’urgence. Le chef du parti UDI, Guillermo Ramírez, a appelé à ce que les changements constitutionnels soient limités au minimum. Le ministre de la Sécurité, Martín Arrau, a contredit : il ne s’agit pas d’une « méga-réforme constitutionnelle », mais plutôt d’ajustements limités mais importants.

Le sénateur Matías Walker (DEM) est devenu plus clair. Le Congrès devrait se concentrer principalement sur environ 70 projets de sécurité existants au lieu d’ouvrir un nouveau débat constitutionnel. L’état d’urgence existe déjà et il suffit de l’appliquer. Kast a cependant reçu le soutien de la chef du groupe parlementaire RN, María José Gatica. Elle a décrit la réforme comme une protection nécessaire pour la population.

Les experts ont exprimé leur prudence dans un entretien avec l’agence UPI. Le chercheur en sécurité Luis Toledo de l’Université de Saint-Sébastien estime qu’il est possible, entre autres, de réussir à court terme en matière de taux d’homicides et de contrôle territorial. Toutefois, cela ne garantit pas une réduction structurelle de la criminalité organisée. Alfonso Kaiser, expert en gestion des risques de l’Université des Andes, a critiqué le manque d’objectifs mesurables de l’agenda.