Bogotá. Le gouvernement du président Abelardo de la Espriella a fermé de facto 20 stations de radio en Colombie, créées à la suite de l’accord de paix avec les FARC dans les régions les plus touchées par le conflit armé. Au lieu de programmes propres au contenu informatif, culturel et éducatif, seule la musique jouée à Bogotá y est diffusée, comme le rapporte le portail El Armadillo. L’instruction a été envoyée par la radio et télévision nationale Inravisión aux journalistes de la radio de la paix via un message WhatsApp. La mesure a également touché onze stations décentralisées de Radio Nacional avec plus de 70 fréquences.
Les 20 soi-disant « Emisoras de Paz » remontent au point 6.5 de l’accord de paix conclu en 2016 entre le gouvernement colombien du président de l’époque Juan Manuel Santos et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC-EP). Après plus de 50 ans de conflit armé, cet accord a été salué comme une étape historique.
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Le gouvernement a justifié cette décision par le fait qu’elle s’inscrit dans un processus de restructuration des médias publics en cours depuis début août. Elle n’a pas nommé directement les diffuseurs de la paix. L’objectif de la restructuration est de « construire un système pluraliste, indépendant et transparent ». « L’appareil de propagande touche à sa fin », indique un communiqué du ministère des Technologies de l’information et de la communication.
Les critiques sont venues de la Fondation pour la liberté de la presse (FLIP) dans une déclaration conjointe avec la Commission d’observation des élections (MOE) et l’Association mondiale des radios communautaires (AMARC). Les organisations ont condamné l’interruption du programme. L’ancien chef des FARC, Rodrigo Londoño, a accusé le gouvernement de violer l’accord et la constitution. Le sénateur et candidat à la présidentielle Iván Cepeda a parlé de censure et a annoncé des poursuites judiciaires. Le Bureau du Médiateur colombien a également appelé le gouvernement à reconsidérer cette décision, estimant qu’elle devrait tenir compte de « l’approche informationnelle, territoriale et différenciée » des radiodiffuseurs ainsi que des obligations découlant de l’accord de paix.