Bogotá. Des représentants du Fonds monétaire international (FMI) et du ministère colombien des Finances se réunissent cette semaine à Washington. Là, ils poursuivent les entretiens déjà menés en Colombie entre le directeur général adjoint du FMI, Nigel Clark, le vice-président colombien José Manuel Restrepo et le ministre des Finances Miguel Gómez Martínez.
Dans son récent discours à la nation, le président d’extrême droite Abelardo de la Espriella a annoncé de manière surprenante qu’il impliquerait le FMI. Trois semaines plus tôt, le ministre des Finances Miguel Gómez Martínez avait déclaré qu’il ne chercherait pas à conclure un accord avec le FMI pour résoudre le déficit budgétaire élevé.
De la Espriella a donné maintenant à Gómez l’ordre d’entamer des discussions et des négociations avec d’autres experts afin de développer des solutions pour les dettes existantes et le budget financier.
Lors d’une telle consultation, le FMI examine les cinq domaines suivants : le plan financier du gouvernement, les perspectives de croissance économique, l’emploi et l’inflation, le système financier et les risques pour l’économie colombienne.
Selon Gómez, un peso sur quatre est actuellement dépensé pour rembourser la dette. Le Trésor estime que la dette pourrait atteindre 80 pour cent du produit intérieur brut si aucune mesure n’est prise.
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La Commission pour le respect de la règle budgétaire (CARF), rattachée au ministère des Finances, estime que le véritable problème réside dans l’écart important entre les recettes et les dépenses. Une correction correspondante nécessite des mesures structurelles avec des revenus plus élevés et moins de dépenses.
L’Association des banques et institutions financières de Colombie (Asobancaria) s’est félicitée d’un rapprochement avec le FMI. Selon Asobancaria, l’intervention du FMI remettrait de l’ordre dans les finances publiques et le pays bénéficierait de taux d’intérêt plus bas.
Du côté de l’opposition, l’ancien président Gustavo Petro s’est plaint du fait que ce sont surtout les riches entrepreneurs qui bénéficieraient d’un tel financement. Petro souligne également que les dépenses publiques ne devraient pas être financées par une augmentation de la dette. Les taux d’intérêt correspondants pourraient être supérieurs à la croissance économique. Le sénateur et ancien candidat à la présidentielle Iván Cepeda estime que les emprunts auprès du FMI entraînent souvent des changements structurels dans l’État et des privatisations et que la pauvreté augmente.
Le « Cabinet pour la vie », fondé par Petro et Cepeda, ne réclame aucun financement du FMI. Pour y parvenir, une réforme fiscale progressive devrait être introduite. Il est également important qu’aucune spécification entraînant des réductions dans le secteur social ne soit acceptée.
Plusieurs médias et experts soulignent que les objectifs du gouvernement dans les négociations avec le FMI ne sont pas clairs. La plateforme de journalisme d’investigation AcidReport suppose que le gouvernement avait déterminé depuis longtemps le déficit, les réductions et les impôts qui devraient être abolis avant de contacter le FMI.