Haïti entre l’offre de dialogue des « gangs » et l’ultimatum du premier ministre

Port-au-Prince. L’influent leader de la « coalition des gangs » en Haïti, Jimmy Cherizier, a une nouvelle fois proposé vendredi dernier au Premier ministre Gary Conille de déposer les armes de ses forces armées irrégulières afin de « promouvoir un dialogue national ». Cela devrait permettre « le rétablissement de la paix » dans cet État des Caraïbes, en proie à la décadence sociale et gouvernementale et à la criminalité.

L’ancien policier Chérizier est devenu le porte-parole d’une « coalition de bandes » connue sous le nom de Vivre Ensemble. Dans son discours, diffusé sur les chaînes de télévision, il a souligné que les bandes armées ne doivent pas être considérées comme telles, mais comme des forces rebelles.

« Nous voulons la paix parce que nous voulons abolir la guerre. Nous voulons le dialogue parce que nous voulons la paix. Tous ceux qui ne veulent pas de dialogue se sont engagés dans la guerre », a-t-il déclaré, appelant Conille à rapprocher le pays du pays à travers le dialogue national. pour apporter la paix.

Selon Cherizier, le Premier ministre doit être clair sur le fait que « ce n’est que par le dialogue national que l’État haïtien pourra reprendre le contrôle des territoires du pays, comme le prévoit la constitution actuelle ». L’état actuel du pays, les divisions et les conflits sont le résultat d’une « mafia politique et économique qui tient le pays en otage ».

Il faut se concentrer sur des solutions réelles « où chaque Haïtien a le droit de s’exprimer sans discrimination ».

Un jour après le discours de Chérizier, le Premier ministre Conille lui lance un ultimatum. De retour d’une visite aux Etats-Unis, Conille a déclaré dès son arrivée à l’aéroport de la capitale Port-au-Prince : « Les bandes armées disposent d’un temps très limité pour déposer les armes ». L’État « n’attendra pas éternellement », a déclaré le Premier ministre.

Il a cité la reprise du contrôle des zones occupées par les forces armées comme ses priorités en matière de sécurité.

Il est également essentiel d’assurer le retour de toutes les personnes déplacées, de garantir la libre circulation des personnes et des biens et d’apporter justice et réparation aux victimes des gangs. L’État haïtien « reprendra le contrôle du territoire national maison par maison, quartier par quartier et ville par ville », a annoncé le Premier ministre. Il n’a toutefois pas donné de date pour les opérations de la force multinationale dirigée par le Kenya, déployée depuis le mois dernier avec l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU.

Un premier contingent de forces kenyanes fait partie d’une avant-garde qui, avec des membres des forces de sécurité d’autres pays, formera la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS) pour aider les autorités haïtiennes à reprendre le contrôle du pays.