La justice brésilienne ouvre une enquête après l’intervention de la police à Rio

Rio de Janeiro. La semaine dernière, le Parlement de l’État brésilien de Rio de Janeiro a annulé le veto du gouverneur sur une loi controversée qui récompenserait les policiers en espèces pour avoir tué des criminels présumés au cours d’opérations. Cela signifie qu’un règlement entre à nouveau en vigueur. En fonction de la situation de déploiement, les primes peuvent représenter une part importante du salaire. Les organisations de défense des droits humains et les défenseurs publics critiquent vivement la loi et avertissent qu’elle encourage encore davantage les violences policières meurtrières. Ils y voient une violation de la constitution brésilienne et des normes internationales en matière de droits de l’homme. Les partisans soutiennent cependant que la mesure devrait récompenser les opérations policières dangereuses. Cette décision a déclenché un nouveau débat dans tout le pays sur la politique de sécurité et les violences policières.

L’opération du 28 octobre dans les favelas de Penha et Alemão est considérée comme l’opération policière la plus meurtrière de l’histoire de Rio de Janeiro. Au moins 121 personnes sont mortes.

Au total, 136 personnes ont été tuées dans des affrontements depuis le début de l’opération. Les critiques ont condamné l’utilisation de forces spéciales lourdement armées et de véhicules blindés comme un « acte de guerre contre la population civile ». Face au tollé général, le pouvoir judiciaire est sous pression : la Cour suprême du Brésil (STF) demande désormais des rapports détaillés. Dans son récit, la police civile a qualifié l’événement de « scénario de guerre ». L’Ordre des avocats de Rio de Janeiro (OABRJ) a alors mis en place une commission chargée de suivre en permanence l’enquête.

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L’organisation de défense des droits humains Amnesty International a fermement condamné l’opération militaire. Elle décrit cette action comme un massacre à caractère raciste. Les victimes étaient presque toutes noires. L’ONG souligne que le racisme structurel est profondément ancré dans la politique brésilienne en matière de sécurité et de drogue. Selon Amnesty International, une enquête indépendante sous supervision internationale est impérative.

Malgré les avertissements répétés des Nations Unies et de la Commission interaméricaine des droits de l’homme, l’État continue de violer systématiquement les normes internationales sur le recours à la force. Cette politique a eu de graves conséquences pour les habitants des favelas : effondrement des services de base, traumatismes et dénonciation de pratiques illégales telles que les exécutions extrajudiciaires et l’empêchement de l’assistance aux blessés.

L’opération Contenção remonte à 2018, lorsqu’un général de l’armée s’est vu confier le contrôle total de la politique de sécurité visant à lutter contre le crime organisé. Cette intervention a pris fin parce qu’au lieu de réformes structurelles et d’investissements sociaux, elle a établi une présence militaire et déplacé les gangs vers d’autres régions. Selon les critiques, la stratégie actuelle est synonyme de l’incapacité persistante de l’État à gérer la crise sans recourir à une force militaire excessive.