Procédure controverséeBaka, critique d’Orban, est le nouveau président hongrois
Après la fin de l’ère Orban, le pays aura également un nouveau chef d’État. Un ancien juge accède à de hautes fonctions en Hongrie. Toutefois, la manière dont le changement s’est opéré à Budapest suscite des critiques.
Le parlement hongrois a élu l’ancien président de la Cour suprême, Andras Baka, comme nouveau président. Le critique du chef du gouvernement de longue date, Viktor Orban, qui a été rejeté en avril, a obtenu 140 voix pour et six non lors du vote à Budapest mardi. Le parti Fidesz d’Orban et ses alliés, le KDNP, ont boycotté les élections.
Le poste de président est devenu vacant après que l’ancien chef de l’Etat Tamas Sulyok, allié d’Orban, ait été contraint de démissionner début juillet à la suite d’un changement constitutionnel. Le parti Fidesz et ses alliés qualifient sa destitution de « tyrannique » et « illégitime ». Les organisations de défense des droits de l’homme ont également critiqué cette approche.
Baka lui-même a déclaré à l’agence de presse AFP avant son élection que de telles mesures extraordinaires ne devraient pas être utilisées dans un État de droit. Sous Orban, la Hongrie est devenue un « État occupé ».
Baka, 73 ans, a été juge à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) de 1991 à 2008 et est devenu président de la Cour suprême hongroise en 2009. Il a perdu son poste en 2012 après, entre autres, avoir critiqué la réduction de l’âge de la retraite des juges de 70 à 62 ans par le gouvernement d’Orban, la qualifiant de purge du système judiciaire.
Baka est également connu en Hongrie comme « le juge qui a rejeté Viktor Orban ». La CEDH a statué en 2016 que son expulsion avait violé sa liberté d’expression.
Selon le nouveau chef du gouvernement, Peter Magyar, le nouveau président ne sera probablement en fonction que jusqu’à ce qu’une nouvelle constitution soit élaborée. Ce processus devrait prendre environ un an à un an et demi. Magyar a remplacé Orban au poste de Premier ministre lors des élections législatives d’avril après 16 années consécutives et a depuis tenté de libérer les institutions de l’État de son emprise.