En Arabie saoudite, les États islamiques appellent à une nouvelle édition du processus de paix au Moyen-Orient. Mais il n’y a que quelques revendications concrètes.
CAIRE | De nombreux discours appelant à la fin de la guerre à Gaza, mais aucune action concrète : voilà comment peut être résumé le sommet spécial arabo-islamique, à l’occasion duquel les chefs d’État et les représentants de 57 pays se sont réunis samedi à Riyad, la capitale saoudienne. Il s’agissait de la première réunion régionale majeure depuis l’attaque du Hamas contre Israël et le début de la guerre à Gaza il y a cinq semaines.
Tout le monde était d’accord sur une chose : ils appelaient à un cessez-le-feu immédiat. Dans leur déclaration finale, ils ont condamné « l’agression israélienne à Gaza » et appelé à une conférence internationale pour relancer le processus de paix « sur la base du droit international et des décisions internationales ».
Ils ont également exigé la poursuite de l’ouverture du poste frontière de Rafah entre la bande de Gaza et l’Égypte et la livraison de fournitures humanitaires. Ils ont également appelé à l’arrêt immédiat des exportations d’armes vers Israël et ont demandé à la Cour pénale internationale (CPI) d’enquêter sur les « crimes de guerre israéliens ».
Tous les points mentionnés échappent à la portée des participants, y compris la demande de maintenir ouvert le poste frontière de Rafah, ce qui n’est pas possible sans le consentement israélien. Aucun des 31 paragraphes de la déclaration finale ne contient de résolutions contraignantes ou de mesures pratiques sur la manière de les faire respecter.
L’embargo pétrolier ne figure pas dans la déclaration
Le fait qu’aucune autre revendication commune n’ait été formulée lors de la réunion est également dû au large éventail politique des participants. D’un côté se trouvaient des pays comme les Émirats arabes, Bahreïn et le Maroc, qui ont normalisé leurs relations avec Israël ces dernières années. De l’autre côté se trouvait l’Iran qui, avec le Hezbollah libanais et le Hamas, se considère comme faisant partie de « l’axe de la résistance » contre Israël.
Par exemple, des pays comme les Émirats et Bahreïn, mais aussi l’Égypte, qui a conclu un traité de paix avec Israël en 1979, ont globalement voulu condamner « le terrorisme et le recours à la force ».
D’autres pays comme l’Irak, le Liban, la Tunisie, la Syrie et l’Algérie ont souhaité appeler les pays arabes ayant des relations avec Israël à rompre leurs relations. Il y avait aussi une proposition visant à fermer l’espace aérien de certains pays arabes aux avions civils israéliens, ainsi que l’idée d’un embargo pétrolier partiel. Ni l’un ni l’autre n’ont été inclus dans la déclaration finale.
Ce qui reste remarquable, c’est que des pays qui étaient en réalité en désaccord les uns avec les autres se sont également réunis. La visite d’Ebrahim Raisi était la première visite d’un président iranien en Arabie saoudite depuis onze ans. Les deux grands rivaux n’avaient repris leurs relations diplomatiques que depuis quelques mois avec l’aide de la médiation chinoise.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi et son homologue turc Recep Tayyib Erdogan ne sont pas non plus amis. Les partisans des Frères musulmans islamistes sont en prison en Égypte ; La Turquie a accueilli de nombreux Frères musulmans ayant fui l’Égypte. La guerre à Gaza a réuni tout le monde autour de la même table.
Initialement, un sommet des 22 États membres de la Ligue arabe, sans compter l’Iran et la Turquie, était prévu samedi à Riyad, ainsi qu’une réunion de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), qui comprend au total 57 États. le dimanche. À court terme, les deux ont fusionné.