Un cessez-le-feu devait entrer en vigueur mercredi à midi dans l’est de la République démocratique du Congo, où l’armée congolaise combat les rebelles du M23 (Mouvement du 23 mars) soutenus par le Rwanda. Cela fait partie de l’accord de paix entre les gouvernements de la République démocratique du Congo et du Rwanda, négocié l’année dernière sous le patronage du président américain Donald Trump et signé à Washington le 4 décembre par le président congolais Félix Tshisekedi et le président rwandais Paul Kagame.
Tshisekedi a accepté « en principe » le nouveau cessez-le-feu lors des pourparlers en Angola la semaine dernière.
En théorie, cela devrait enfin mettre fin à la guerre dans l’est du Congo, qui fait à nouveau rage depuis 2021. Avec le soutien militaire rwandais, les rebelles du M23 se sont emparés d’une grande partie du territoire congolais le long de la frontière avec le Rwanda, y compris les deux capitales provinciales de Goma et Bukavu, et ont établi un État virtuel dans l’État, qu’ils administrent désormais indépendamment de Kinshasa, la capitale du Congo.
Toutefois, les rebelles du M23 ne font pas partie de l’accord de paix de Washington et ne se voient donc pas concernés par le nouveau cessez-le-feu. Ils le soulignent ces jours-ci. Ils négocient avec le gouvernement congolais dans le cadre d’un autre cycle de pourparlers à Doha, la capitale du Qatar.
Mission d’observation prévue, mais pas encore là
Début février, les deux parties au Qatar ont convenu d’établir une mission internationale d’observation avec l’aide des troupes de l’ONU pour contrôler le respect du cessez-le-feu. On a souvent parlé d’un véritable cessez-le-feu, mais celui-ci n’a jamais été mis en œuvre. Il y a un délai de 30 jours avant que la mission d’observation sur les lignes de front soit effectivement mise en place, soit début mars.
À cet égard, on peut se demander si un cessez-le-feu sera réellement mis en place et respecté. « Nous devons faire tout notre possible pour faire taire les armes », a assuré la ministre congolaise des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité ce week-end.
L’ancien ministre rwandais des Affaires étrangères, Vincent Biruta, a clarifié son point de vue selon lequel le Rwanda ne faisait pas partie du conflit, mais que le M23 et l’armée congolaise se battaient l’un contre l’autre. Mais les enquêteurs de l’ONU ont publié des preuves du soutien du Rwanda au M23.
Après tout, le gouvernement américain a menacé de sanctions ceux qui ne respecteraient pas le cessez-le-feu. On peut toutefois se demander si cela aura un quelconque effet. Aucun engagement antérieur en matière de cessez-le-feu ou de cessez-le-feu dans la guerre dans l’est du Congo n’a été respecté de manière permanente.