Un rapport tire la sonnette d’alarmeDans le Brandebourg, l’antisémitisme devient plus ouvert et agressif
Un rapport récent du Brandebourg dresse un tableau alarmant : le commissaire à l’antisémitisme parle d’une « nouvelle qualité » de l’antisémitisme. Plus de 500 cas ont été documentés depuis 2024. Le conflit du Moyen-Orient joue un rôle central.
Le commissaire à l’antisémitisme du Land de Brandebourg, Andreas Büttner, a mis en garde contre une « nouvelle qualité » de l’antisémitisme dans le Land. « L’antisémitisme devient de plus en plus ouvert et de moins en moins secret, se manifeste par un langage et un comportement plus agressifs et est fortement lié aux conflits politiques mondiaux actuels », indique le premier rapport d’activité de Büttner, qu’il a officiellement remis au parlement du Land de Brandebourg à Potsdam.
Depuis la création du bureau en 2024, 534 incidents antisémites ont été traités, selon le rapport. 116 cas particulièrement graves ont été transmis au service antisémitisme. Dans le même temps, selon les informations, il existe un grand nombre de cas non signalés car de nombreux incidents antisémites ne sont pas signalés.
Les événements actuels à Cottbus sont un exemple de la manière dont les attaques antisémites ont non seulement augmenté, mais ont atteint un nouveau niveau, poursuit le rapport. Plusieurs incidents antisémites se sont produits en peu de temps, notamment des graffitis dans une synagogue. Pour les communautés concernées, cela a un impact direct sur le sentiment de sécurité et de confiance dans les espaces publics.
Selon le rapport, le conflit au Moyen-Orient joue un rôle central. Il agit comme une surface de projection des ressentiments existants et contribue à l’émotivité, a-t-on dit. « Dans ce contexte, des récits émergent qui reproduisent des schémas antisémites sans toujours être reconnus ou nommés comme tels. » Dans le même temps, les positions antisémites deviennent de plus en plus compatibles dans différents milieux sociaux.
Depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, il est devenu clair que les discours antisémites sont répandus dans les milieux de gauche, anticapitalistes et postcoloniaux et ont une longue tradition. L’antisémitisme de gauche n’apparaît souvent pas ouvertement anti-juif, mais apparaît comme une critique radicale d’Israël, de l’antisionisme ou ancré dans des visions du monde anti-impérialistes. Dans le contexte de gauche, les récits antisémites n’apparaissent pas comme une expression de misanthropie, mais plutôt comme des positions prétendument progressistes ou en faveur des droits de l’homme.
Selon le rapport, l’antisémitisme dans le contexte d’extrême droite reste également problématique. Les histoires de complot sur les « élites mondiales » ou la relativisation des crimes nationaux-socialistes continuent de faire partie intégrante des idéologies d’extrême droite, a-t-on déclaré. Le Brandebourg est ici confronté à des défis particuliers, car il existe des régions du Land dans lesquelles des structures d’extrême droite sont ancrées dans la société depuis des années.