Avec la gorge tranchéeRat mort dans la boîte aux lettres : un établissement pour femmes à Dresde menacé
Une association qui milite pour les droits et l’éducation des femmes à Dresde est victime à plusieurs reprises de dégâts matériels. Maintenant, la situation s’aggrave : le Centre d’éducation des femmes trouve un animal visiblement assassiné dans la boîte aux lettres.
Les féministes de Dresde ont été victimes d’une tentative d’intimidation. Un rat mort a été introduit dans la boîte aux lettres de la FrauenBildungsHaus eV, comme l’a annoncé l’association. La gorge de l’animal avait apparemment été préalablement tranchée, explique l’établissement. Il était déjà « à moitié pourri ». Les féministes ont signalé l’incident à la police.
Ce n’est pas la première attaque contre un établissement d’enseignement. « Après avoir mâché du chewing-gum sur nos panneaux et détruit des objets dans la cour, un nouveau niveau d’escalade a été atteint », expliquent-ils dans un communiqué. « Cet incident est non seulement dégoûtant, mais constitue également une menace évidente contre nous en tant que club. »
Depuis 1990, la Maison d’Education des Femmes se veut un lieu de rencontre, de conseil et d’éducation par et pour les femmes. « Nous accompagnons les femmes dans la recherche de leur cheminement personnel et professionnel afin de leur permettre de participer sur un pied d’égalité à tous les domaines de la vie », précise l’association. L’établissement est large : l’offre va « du projet d’émancipation des femmes et du travail éducatif à l’activisme féministe queer et antifasciste en passant par le travail social professionnel, le travail d’archives, la formation politique des adultes et une structure de conseil avec une approche féministe intersectionnelle ».
Les responsables de l’établissement parlent de coupes budgétaires imminentes et de lutte pour poursuivre leurs projets. En même temps, ils « ressentent la haine et l’ambiance sociale enflammée ». La menace doit donc être prise « très au sérieux à une époque où ceux qui s’engagent en faveur d’une société ouverte et diversifiée ne peuvent plus se sentir en sécurité ».
La directrice générale Sarah Buddeberg se défend avec véhémence. « Notre réponse est claire : nous ne nous laisserons pas intimider ! dit-elle. « Notre club défend le féminisme, l’autodétermination et l’égalité réelle. Nous nous battons pour cela, même lorsque cela devient inconfortable. » Le patron du club reçoit le soutien de la gauche. « Alors que l’État signale que le travail en faveur de l’égalité est inutile en réduisant massivement des projets importants, les auteurs se sentent apparemment encouragés à commettre de tels actes par des agitateurs de droite », a déclaré le chef du parti de Dresde, Florian Berndt. La gauche réclame désormais « une protection de l’engagement de la société civile et un financement fiable du travail en faveur de l’égalité ».
« Un endroit comme celui-ci est plus important que jamais aujourd’hui », déclare Buddeberg avec combativité. « Notre solidarité est plus forte que le vent qui souffle contre nous. » La police a ouvert une enquête. Les enquêteurs recherchent des témoins susceptibles de fournir des informations sur les auteurs possibles. La période du crime a été limitée au week-end précédent.