Lima. Le nouveau gouvernement dirigé par le controversé ultra-droite Keiko Fujimori a déclaré l’état d’urgence à Lima et Callao en réponse à la hausse de la criminalité. Le pouvoir exécutif l’a proclamé pour 60 jours le 28 août. Cela signifie que la Police Nationale prend en charge la sécurité intérieure avec l’aide des forces armées. En outre, dans les deux territoires, les droits constitutionnels fondamentaux tels que l’inviolabilité du domicile, la liberté de mouvement, la liberté de réunion et la sécurité personnelle sont restreints, ce qui permet l’intervention de la police et les arrestations sans ordonnance judiciaire préalable.
Sont concernées la région métropolitaine de Lima et la province de Callao, où se concentre la vague de criminalité. Le gouvernement prévoit d’effectuer des patrouilles aux arrêts de transports publics, sur les marchés et dans les centres commerciaux. Les marchés illégaux liés à des activités criminelles devraient également être contrôlés de manière plus intensive. Cela inclut le trafic de drogues, de téléphones portables et de pièces automobiles d’origine incertaine. Les forces armées devraient également renforcer les contrôles contre la possession illégale d’armes et de munitions, d’explosifs et d’articles pyrotechniques.
Pour centraliser la prise de décision, un commandement de coordination opérationnelle unifié devrait être mis en place dans les 24 heures. Celui-ci est dirigé par le général de la police nationale et comprend des représentants des forces armées, des services de renseignement, du gouvernement, du ministère public et du pouvoir judiciaire, ainsi que les maires de Lima et de Callao.
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Selon les informations gouvernementales, la raison de cette mesure est le taux de criminalité toujours élevé. Au cours du seul premier mois de présidence de Keiko Fujimori, 151 homicides ont été enregistrés, selon le Système informatique national des décès (Sinadef).
L’état d’urgence est utilisé depuis 20 ans comme moyen de lutter contre la criminalité (a rapporté Amerika21). Les analystes critiquent l’efficacité du rétablissement de l’état d’urgence, dans la mesure où les états d’urgence répétés au cours des deux dernières décennies n’ont pas contribué à une diminution de la criminalité. Il met également en garde contre une militarisation de la population sans stratégie à long terme.
L’état d’urgence fait partie du concept de sécurité du gouvernement : au cours de son mandat de 2026 à 2031, Fujimori souhaite étendre la modernisation technologique de la police nationale grâce aux systèmes de vidéosurveillance et à l’intelligence artificielle. En outre, il convient de lutter contre les structures économiques des organisations mafieuses actives dans les domaines de l’extorsion, de l’assassinat à forfait, du trafic de drogue et de l’exploitation minière illégale. L’accent est également mis sur le renforcement du contrôle des prisons afin de lutter contre les structures de communication illégales.