Focus sur les allégations de tortureLa France enquête sur d’éventuelles violences d’Israël contre des militants de Gaza
À la mi-mai, environ 400 personnes de plusieurs pays ont navigué vers Gaza pour apporter des secours dans la région en crise. Après leur capture par Israël, les militants ont dénoncé violences et humiliations. Désormais, la justice française s’en mêle.
Le parquet antiterroriste français a ouvert une enquête sur des allégations de torture et de crimes de guerre suite aux actions controversées d’Israël contre des militants de Gaza. Le parquet antiterroriste de Paris a indiqué que l’enquête avait été confiée à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a appelé la justice après que le consul général de France en Turquie ait parlé de violences sexuelles, de passages à tabac et d’humiliations à l’encontre de militants français de la flotte humanitaire à Gaza. Israël nie les allégations de violences physiques et sexuelles.
À la mi-mai, Israël a arrêté une flotte humanitaire composée de plus de 50 bateaux pour Gaza dans les eaux internationales près de Chypre. Environ 430 militants voulaient briser le blocus naval de la bande de Gaza. Le ministère israélien des Affaires étrangères a parlé d’une « campagne de relations publiques au service du Hamas ». Les militants internationaux, dont huit Allemands, ont d’abord été amenés en Israël puis expulsés.
Le ministre suscite l’indignation
Plusieurs membres de la flotte avaient dénoncé les violences et les humiliations subies par les forces de sécurité israéliennes lors de leur détention. Les forces israéliennes ont tiré des balles en caoutchouc juste pour s’amuser, a déclaré l’un des participants.
Une vidéo du ministre israélien de la police, Itamar Ben-Gvir, montrant de manière humiliante des militants de Gaza arrêtés, a ensuite suscité l’indignation internationale. On peut voir le ministre marcher avec un groupe de partisans et parmi des militants menottés, agitant un drapeau israélien. Indignée par cet incident, la France avait déjà convoqué l’ambassadeur d’Israël et imposé une interdiction d’entrée au ministre de la Police Ben-Gvir.
La vidéo a déclenché une vague d’indignation internationale. L’Allemagne, les États-Unis, l’UE, la France, l’Italie et l’Espagne ont exprimé de vives critiques et plusieurs États ont convoqué leurs ambassadeurs israéliens. Plus récemment, l’Irlande a imposé des interdictions d’entrée à Ben-Gvir et au ministre d’extrême droite Bezalel Smotrich. Le gouvernement de Dublin a justifié cette décision par le comportement des deux ministres dans le cadre de la guerre dans la bande de Gaza. Selon le ministère irlandais de la Justice, Ben Gvir et Smotrich ont joué un « rôle crucial dans l’escalade du désastre en cours à Gaza ».