COP30 au Brésil : La Vía Campesina appelle à la justice climatique

Belém. Au début de la conférence mondiale sur le climat COP30 au Brésil, le mouvement international La Vía Campesina (« La voie paysanne ») a présenté son manifeste mondial pour la justice climatique, dans lequel il appelle à des mesures concrètes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et mettre fin aux fausses solutions de marché.

L’organisation faîtière, qui regroupe plus de 200 millions de petits agriculteurs et communautés rurales dans le monde, propose la souveraineté alimentaire, l’agroécologie et le respect de la Terre Mère pour réduire le réchauffement climatique.

Le document, intitulé « Agroécologie et souveraineté alimentaire pour une transition juste », dénonce le fait que les entreprises agroalimentaires et les gouvernements qui les servent ont provoqué la crise climatique en tentant de commercialiser la nature et de privatiser les processus de transition énergétique. Le temps des fausses promesses doit prendre fin. Selon le manifeste, les vraies solutions résident dans la souveraineté alimentaire, l’agroécologie et le respect de la Terre Mère.

Selon le manifeste, la justice climatique est inextricablement liée à la souveraineté alimentaire. Il n’y a pas de solution au changement climatique sans une profonde transformation du système économique et social.

L’organisation faîtière estime que le système agricole et alimentaire néolibéral mondial est l’un des principaux responsables de la crise. L’agriculture industrielle intensive est à l’origine de plus de 44 pour cent des émissions mondiales et favorise la déforestation, la consommation de combustibles fossiles et le gaspillage alimentaire.

Face à cette situation, La Vía Campesina propose une transformation profonde du modèle alimentaire mondial à travers une réforme agraire globale et axée sur les populations qui garantit un accès équitable à la terre, à l’eau, aux semences et à la biodiversité.

Pas de publicité, pas de paywall, mais toujours des actualités d’Amérique Latine ?

Cela n’est possible qu’avec les dons de nos lecteurs. Soutenez-nous maintenant.

Le mouvement soutient que l’agroécologie rurale « refroidit la planète » car elle protège les sols, réduit la dépendance aux combustibles fossiles et restaure la fertilité des écosystèmes locaux.

Le manifeste prévient que les marchés du carbone promus par l’Accord de Paris sont des « pièges » qui permettent à l’environnement de continuer à être pollué en transformant les forêts, les terres et l’eau en biens commercialisables. Il rejette les fausses solutions telles que les mécanismes de compensation et les prêts verts qui endettent les gens. En outre, il s’oppose également aux programmes agricoles « intelligents face au climat » et aux initiatives de stockage du carbone agricole, les considérant comme des formes d’écoblanchiment qui profitent aux grandes entreprises et exacerbent la concentration de la propriété foncière.

Les principales revendications de La Vía Campesina comprennent des réparations équitables pour le climat et des subventions locales pour les communautés rurales afin de renforcer la production agroécologique. Le manifeste affirme que les dettes climatiques et coloniales du Nord envers le Sud doivent se traduire par un transfert de technologie, des ressources non remboursables et une souveraineté énergétique pour les peuples.

Il appelle également à une réorientation des subventions militaires et aux combustibles fossiles vers une transition juste et souveraine, en donnant la priorité au bien-être des communautés rurales et à la protection des femmes, des jeunes et de la diversité des genres qui soutiennent la production alimentaire dans des conditions précaires.

L’organisation paysanne réclame également une réforme de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ou la création d’institutions alternatives qui empêcheraient les entreprises d’influencer les décisions. Elle plaide pour une démocratie climatique plurinationale dans laquelle les peuples et les communautés rurales ont une voix et un pouvoir effectif dans la politique climatique.

La Vía Campesina appelle ses mouvements alliés, les organisations sociales et les peuples du monde à participer aujourd’hui, 15 novembre, au Brésil et dans divers pays, dans le cadre du Sommet des Peuples de la COP30. Le mouvement souligne que la lutte pour une transition juste et souveraine nécessite une unité internationaliste et une action collective sur le terrain. Le manifeste se termine par un appel à mondialiser la lutte pour la justice et l’espoir.