Cuba appelle à une réforme globale du Conseil de sécurité de l’ONU

New York/La Havane. Cuba a appelé à une réforme fondamentale du Conseil de sécurité de l’ONU et a critiqué son fonctionnement actuel. Lors de l’Assemblée générale de l’ONU le 15 novembre, les diplomates cubains ont accusé l’organe le plus puissant de l’ONU de ne pas être à la hauteur de ses responsabilités.

Yuri Gala, chargé d’affaires de la mission cubaine de l’ONU, a lancé samedi un appel à la réforme lors d’un débat public sur les méthodes de travail du Conseil de sécurité. Il s’est dit préoccupé par la tendance persistante du Conseil à « travailler dans des formats fermés, fermés aux autres États membres de l’organisation multilatérale ».

Gala a qualifié de « regrettable » que le Conseil de sécurité continue à prendre des décisions sans tenir compte des préoccupations des Etats non membres concernés. En outre, l’adoption de projets de résolution serait forcée « même s’il existe des divergences d’opinion significatives sur leur contenu et leur portée ».

Le diplomate cubain a appelé à mettre fin à « la manipulation et à l’utilisation sélective des méthodes et pratiques du Conseil au service d’agendas politiques et d’aspirations à la domination ». De telles stratégies, au lieu de mettre fin aux conflits, « exacerberaient les divisions et saperaient le rôle de l’institution dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales ».

Gala a exigé que le Conseil de sécurité s’en tienne à son mandat sans usurper les pouvoirs de l’Assemblée générale. « Le strict respect de la Charte des Nations Unies est essentiel pour garantir la crédibilité et la légitimité du Conseil et de l’organisation dans son ensemble. »

Sortir des sentiers battus ?

Avec votre don, nous pouvons vous rapprocher de ce qui se passe quotidiennement en Amérique latine.

Cuba soutient qu’une réforme globale doit couvrir les cinq domaines clés visés par la résolution 62/557 de l’Assemblée générale. Ce n’est qu’ainsi que pourra être réalisée la « réforme globale et de grande envergure tant attendue », qui rendra le Conseil de sécurité transparent, démocratique et représentatif.

En juin déjà, l’ambassadeur Ernesto Soberón Guzmán, représentant permanent de Cuba auprès de l’ONU, avait qualifié la réforme de « nécessité indispensable ». L’organisme doit devenir un « organe véritablement transparent, démocratique et représentatif », a déclaré Soberón lors de la séance plénière de l’Assemblée générale sur le rapport annuel du Conseil de sécurité pour 2024.

Le diplomate cubain a critiqué la paralysie du Conseil de sécurité face au conflit à Gaza. Le rapport annuel passe sous silence les « violations répétées » par Israël des résolutions de l’ONU et la « paralysie du Conseil face au génocide du peuple palestinien » en raison de « l’usage systématique du veto par les Etats-Unis ».

Cette inaction a « porté atteinte au multilatéralisme et à la crédibilité de l’ONU », a averti Soberón. Il a appelé le Conseil de sécurité à « agir immédiatement avec efficacité et avec un sens fondamental de la justice et du bien-être de toute l’humanité ».

Les interventions cubaines interviennent au milieu du 80e anniversaire de l’ONU et des critiques constantes à l’encontre du fonctionnement du Conseil de sécurité, dont les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto. En 2017, Cuba a présenté pour la première fois une proposition de réforme intégrale de l’organisme (a rapporté Amerika21).