Santiago du Chili. De nouvelles révélations montrent que l’arrêt du projet de câble sous-marin chinois est dû aux menaces directes de sanctions américaines. Cela remet en question la justification officielle de l’ancien gouvernement Boric, qui expliquait auparavant la fin du projet par des inquiétudes concernant la « sécurité nationale ». Les informations récemment publiées montrent que Washington a exercé des pressions spécifiques sur les responsables du gouvernement chilien en révoquant leurs visas d’entrée.
Le conflit autour du câble à fibre optique censé relier la ville portuaire chilienne de Valparaíso à la métropole financière chinoise de Hong Kong avait déjà déclenché une crise politique. Le gouvernement de l’ancien président Gabriel Boric avait initialement autorisé China Mobile à réaliser le projet, mais l’avait retiré. Il s’avère aujourd’hui que ce sont précisément les représentants du gouvernement qui ont retiré leur approbation au projet qui ont été touchés. À l’époque, la décision américaine avait été qualifiée de « surprenante », comme l’avait dit le président Boric de l’époque.
Le projet reste « à l’étude », selon la nouvelle administration, mais de nouvelles preuves issues d’une rencontre entre un haut responsable de l’ambassade américaine à Santiago et Guillermo Peters, chef du sous-secrétariat chilien des télécommunications, montrent que les États-Unis ont proféré des menaces directes contre des responsables individuels plus tôt qu’on ne le pensait auparavant. Au cours de cette réunion de six minutes, le représentant américain aurait explicitement averti les responsables impliqués dans le projet et les aurait menacés, ainsi que leurs plus proches parents, de la perspective de voir leur visa retiré.
Claudio Arraya, alors vice-ministre des Télécommunications, a déclaré ce mois-ci qu’il s’agissait essentiellement d’une menace.
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Les personnes finalement touchées par la mesure punitive ultérieure étaient l’ancien ministre des Transports et des Communications Juan Carlos Muñoz, Claudio Araya et le susmentionné Guillermo Petersen ; ces deux derniers sont membres du parti communiste. Peu de temps après la réunion, le gouvernement chilien a cédé à la pression des États-Unis et a retiré l’autorisation précédemment signée. Néanmoins, le 20 février, le Département d’État américain a finalement révoqué les visas des trois fonctionnaires.
Avant même que ces nouvelles informations ne soient révélées, des représentants du camp de centre-gauche, comme le sénateur socialiste José Miguel Insulza, ont qualifié cette mesure d’attaque contre la souveraineté chilienne.
Le débat sur le câble sous-marin a mis à rude épreuve la transition gouvernementale du président Boric à son successeur Kast. Aujourd’hui, la nouvelle administration suit de près les révélations car elles révèlent pour la première fois toute l’ampleur de la pression de Washington. Il est clair pour le gouvernement Kast que ses prédécesseurs ont retiré leur approbation en raison de la menace des États-Unis.
De nombreuses inquiétudes exprimées à l’époque par les observateurs selon lesquelles, dans ce cas, les États-Unis ne sanctionneraient même pas la mise en œuvre du projet, mais plutôt son simple examen, se sont aujourd’hui réalisées.