L’UE renforce les règles sur les importations d’acier

Des tarifs nettement plus élevésL’UE renforce les règles sur les importations d’acier

En matière de politique douanière, l’UE s’inspire désormais du président américain Donald Trump pour renforcer l’industrie nationale. (Photo : IMAGO/Services photo Funke)

De nombreux producteurs d’acier en Europe sont en crise. Ils souffrent des coûts énergétiques élevés, des tarifs douaniers américains et de la concurrence des prix avec la Chine. Aujourd’hui, le Parlement européen adopte un instrument destiné à les protéger d’une concurrence bon marché.

Pour aider l’industrie européenne à rivaliser avec les États-Unis et la Chine, l’UE imposera à l’avenir davantage de droits de douane sur l’acier. Le Parlement européen a décidé à Strasbourg qu’une quantité nettement inférieure d’acier pourrait être importée chaque année en franchise de droits dans l’UE. En outre, un taux de droit plus élevé de 50 pour cent s’appliquera au lieu des 25 pour cent précédents.

Les importations d’acier dans l’UE sont exemptées de droits de douane jusqu’à un certain montant par an, qui s’élèvera à l’avenir à 18,3 millions de tonnes. Des quotas spécifiques s’appliquent aux grands fournisseurs comme la Turquie et l’Inde. Si la quantité importée dépassait la limite supérieure respective, un droit de douane de 25 pour cent était auparavant dû, qui est désormais doublé.

L’UE accuse notamment la Chine d’utiliser les aides d’État pour accorder un avantage injuste à son industrie sidérurgique et de veiller à ce qu’il y ait trop d’acier sur le marché mondial. Selon les chiffres de l’Association mondiale de l’acier, la Chine a produit l’année dernière environ 961 millions de tonnes, soit plus de la moitié de la production mondiale d’acier. A titre de comparaison : l’industrie allemande a produit environ 34 millions de tonnes d’acier.

Les aciéries n’utilisent pas leur capacité

Les fabricants européens souffrent des prix élevés de l’énergie et sont également touchés par les tarifs douaniers américains. Dans le même temps, convertir la production d’acier à forte intensité énergétique en énergie verte coûte très cher. Des industriels comme la division sidérurgique de Thyssenkrupp ou le groupe ArcelorMittal sont donc en crise. De nombreuses usines n’utilisent pas leurs capacités.

Le nouveau plafond des importations en franchise de droits s’applique à l’acier sous diverses formes transformées dans l’UE, notamment les fils, les barres et les tôles, ainsi que les voies ferrées. La Norvège, l’Islande et le Liechtenstein, qui font partie de l’Espace économique européen, sont exclus.

Jusqu’à présent, les quotas d’importation ont été si élevés qu’ils n’ont eu que peu d’effet : l’UE a importé moins d’acier qu’elle n’aurait pu le faire en franchise de droits. Le mécanisme remonte à l’époque du différend tarifaire lors du premier mandat du président américain Donald Trump (2017 à 2021) et expire le 1er juillet 2026 selon les règles de l’Organisation mondiale du commerce. Les nouveaux quotas devraient toutefois s’appliquer de manière permanente et être régulièrement révisés à Bruxelles. Ils devraient remplacer l’ancien règlement dès que le Conseil des 27 États de l’UE l’aura formellement approuvé.