L’Office fédéral de la protection de la Constitution tire la sonnette d’alarme : des extrémistes de droite attirent des enfants sur Internet

L’Office fédéral de la protection de la Constitution tire la sonnette d’alarmeDes extrémistes de droite attirent les enfants sur Internet

Les enfants et les jeunes sont de plus en plus radicalisés en ligne – parfois avant l’âge de 14 ans. (Photo : photo alliance/dpa)

De plus en plus de mineurs se radicalisent dans les chats et les forums de jeux. Les autorités mettent en garde contre une nouvelle culture de jeunesse de droite, des chuchoteurs islamistes et un espionnage croissant de la part de la Russie et de la Chine.

Le nouveau rapport pour la protection de la Constitution continue de considérer l’extrémisme de droite comme la plus grande menace pour la démocratie et met en garde contre un rajeunissement significatif de la scène. Les extrémistes violents de droite sont de plus en plus courants parmi les jeunes, dont certains sont encore mineurs. Pour la première fois, le rapport contient un chapitre séparé sur l’influence ciblée des enfants et des jeunes – les autorités parlent d’une radicalisation systématique de la prochaine génération.

Les autorités chargées de la sécurité sont particulièrement préoccupées par le rôle d’Internet. Les acteurs d’extrême droite utilisent les réseaux sociaux, les chats, les plateformes de vidéo et de jeux pour s’adresser aux mineurs de manière discrète et leur faire découvrir une vision du monde extrémiste. On observe des cas dans lesquels des jeunes passent en peu de temps de contacts inoffensifs en ligne à des sympathisants violents. Dans le même temps, le nombre de rassemblements d’extrême droite augmente, tandis que la scène dans son ensemble s’agrandit : selon le rapport, le nombre potentiel de personnes s’élève désormais à près de 60 000 et la proportion d’extrémistes de droite orientés vers la violence augmente.

Les crimes sont également très dynamiques. En 2025, près de 37 000 crimes d’extrême droite ont été enregistrés, dont près de 1 400 actes de violence, soit une augmentation significative par rapport à l’année précédente. Les crimes d’agression et les attaques xénophobes sont particulièrement courants ; le nombre de délits contre les demandeurs d’asile et les réfugiés reste élevé malgré une légère baisse.

L’espionnage et les cyberattaques se multiplient

Le rapport situe cette évolution dans un contexte sécuritaire globalement tendu. L’Office pour la protection de la Constitution continue de constater un danger important dans le domaine islamiste, de plus en plus de jeunes auteurs qui agissent seuls et se radicalisent en ligne. Les structures organisées propagent les idéologies islamistes et le conflit du Moyen-Orient constitue un facteur de mobilisation supplémentaire.

Dans le même temps, le rapport décrit une menace accrue d’espionnage, de sabotage, de désinformation et de cyberattaques. L’Allemagne est régulièrement la cible d’opérations dites hybrides, notamment de la part de la Russie, mais aussi d’autres pays. Ils ont tenté d’influencer la politique, l’économie et la société et d’attaquer les infrastructures critiques. L’Office pour la protection de la Constitution met en garde contre l’attribution prématurée d’incidents à un État spécifique et appelle à un examen attentif afin d’évaluer la situation de manière réaliste.

Dans l’ensemble, le ministre fédéral de l’Intérieur Alexander Dobrindt parle de « scénarios de menaces multiples » pour la Constitution et annonce que le service de renseignement sera encore renforcé en termes de personnel et de technologie. L’autorité se considère comme un système d’alerte précoce pour la démocratie et, au vu des évolutions décrites, elle est confrontée à des tâches croissantes.