Brasilia. Le Congrès national brésilien, dominé par des partis de droite et nationalistes, prévoit de réduire les dépenses consacrées aux universités. Suite aux discussions sur le projet de loi de finances 2026, les fonds dits librement disponibles doivent être réduits d’un total de 6,89 milliards de reais (environ 1,05 milliard d’euros) à environ 488 millions de reais (environ 74,5 millions d’euros). Les « fonds affectés » sont utilisés pour des « dépenses non essentielles » comme l’électricité et l’eau, les bourses, l’achat de matériel ou d’équipement de recherche, etc.
Dans un communiqué, l’Association nationale de gestion des universités fédérales (Andifes) s’est dite préoccupée par cette réduction d’un bon sept pour cent. Selon Andifes, un bon cinquième des économies prévues sont imputables uniquement au soutien aux études pour les étudiants à faible revenu, un « domaine stratégique pour la rétention des étudiants en situation socio-économique défavorisée ».
Les économies affectent également la mise en œuvre de la nouvelle Politique nationale de soutien aux étudiants (PNAES – Política Nacional de Assistência Estudantil), qui soutient la réussite scolaire des étudiants issus de ménages à faible revenu. Selon le ministère de l’Éducation, environ 400 000 étudiants bénéficieront en 2024 de bourses, d’une alimentation saine et d’un logement adéquat pendant la durée de leurs études.
Dans le même temps, Andifes a souligné qu’en 2026, sans augmentation budgétaire, les universités disposeront de moins de ressources disponibles que l’année précédente en raison des effets de l’inflation et des ajustements obligatoires des contrats. Par ailleurs, des coupes budgétaires sont également prévues pour l’agence de formation académique et de mobilité CAPES et l’organisme de financement de la recherche CNPq.
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Les délibérations du Congrès contrastent avec les récentes initiatives du gouvernement brésilien. Fin novembre, le président Luiz Inácio Lula da Silva, du Parti des travailleurs (PT), a signé deux projets de loi créant une nouvelle « Université fédérale autochtone » et une « Université fédérale du sport », qui devraient toutes deux entrer en activité dans la capitale Brasilia en 2027.
Les ministres fédéraux de l’Éducation, des Peuples autochtones et des Sports ainsi que des athlètes et des représentants d’organisations autochtones et olympiques et paralympiques ont pris part à la cérémonie de signature. Lula a particulièrement qualifié l’initiative de l’Université indigène d’acte historique : « Aujourd’hui, nous remboursons une dette envers les peuples indigènes. L’État doit servir les peuples indigènes et ne pas s’enrichir à leurs dépens.
La nouvelle université formera principalement des Brésiliens autochtones et combinera les connaissances académiques et traditionnelles autochtones dans ses cours, notamment dans les domaines de l’environnement et de l’aménagement du territoire, durabilité socio-écologique, langues autochtones, santé et droit. Des espaces seront également créés pour l’interaction sociale et les cérémonies ainsi que les événements culturels.
La ministre fédérale des Peuples indigènes, Sônia Guajajara, du parti de gauche Socialisme et Liberté (PSOL), a souligné que, selon l’Institut pour La géographie et les statistiques ont quintuplé, passant de 9 000 en 2011 à 46 000 en 2022. La nouvelle université sera « gérée et dirigée par les peuples autochtones ». Selon le ministre, il vise à « briser le cycle de l’oubli, revitaliser les langues et reconnaître la valeur de la médecine, de la philosophie et de l’écologie indigènes ». Le projet de loi a été envoyé au Congrès pour examen.